Nigeria : avec Dangote, le pays devient exportateur net d’essence

Le Nigeria est devenu exportateur net d’essence en mars 2026, une première depuis plusieurs décennies pour le premier producteur africain de pétrole brut. Cette évolution est portée par la montée en puissance de la raffinerie du groupe dirigé par Aliko Dangote, dont les capacités de production ont profondément modifié l’équilibre du marché local.

Selon des données industrielles relayées par plusieurs médias locaux, la raffinerie Dangote a exporté environ 44 000 barils par jour d’essence au cours du mois de mars, générant un excédent net estimé à 3 000 barils quotidiens. Ce niveau marque une rupture pour un pays qui dépendait jusque-là presque entièrement des importations de produits raffinés.

Une production locale qui remplace les importations

La progression de la production s’accompagne d’un recul rapide des volumes importés. Les données de la société d’analyse Kpler indiquent que les importations d’essence sont tombées à environ 41 000 barils par jour en mars 2026, leur plus bas niveau jamais enregistré.

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Dans le même temps, l’approvisionnement en brut de la raffinerie a atteint près de 565 000 barils par jour, soit l’un des niveaux les plus élevés depuis le démarrage de cette infrastructure d’une capacité de 650 000 barils quotidiens. Cette utilisation élevée permet d’alimenter le marché intérieur tout en dégageant des volumes destinés à l’export.

La raffinerie a également entamé l’extension de ses débouchés. Une cargaison de 317 000 barils a été expédiée vers le Mozambique, première livraison vers l’Afrique de l’Est. Une nouvelle expédition vers le port de Beira est annoncée pour avril, signe d’une demande régionale en hausse.

Un impact attendu sur les équilibres économiques

Ce basculement modifie les flux commerciaux du Nigeria et pourrait renforcer ses recettes en devises issues des exportations de carburants. Il intervient alors que le pays supportait jusqu’à récemment une charge importante liée à l’achat de produits raffinés à l’étranger.

D’après des données compilées par Nairametrics, la facture d’importation de carburant a dépassé 7 000 milliards de nairas en 2022 et 2023, pesant sur les finances publiques et les réserves en devises. La réduction des importations pourrait ainsi alléger cette pression et améliorer l’approvisionnement domestique.

Au-delà du marché intérieur, l’augmentation des volumes exportés place progressivement le Nigeria parmi les fournisseurs émergents sur le marché régional, avec des livraisons désormais orientées vers plusieurs zones du continent. Une nouvelle cargaison à destination de Beira est attendue en avril, confirmant la poursuite de cette dynamique d’exportation.

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