RDC : les dessous de l'accord avec les USA sur l'accueil des migrants

La République démocratique du Congo commencera, en avril 2026, à recevoir sur son territoire des migrants originaires d’autres pays renvoyés par les États-Unis. Le ministère de la Communication et des Médias a confirmé dimanche 5 avril que Kinshasa s’est engagée dans ce dispositif de réadmission, marquant l’entrée du pays dans un réseau d’accords migratoires que Washington a tissé sur le continent africain depuis 2025.

Un statut temporaire sans installation durable

Le gouvernement congolais assure qu’il garde un contrôle total sur l’entrée, les modalités de séjour et la surveillance des migrants concernés. « Ce séjour n’a pas vocation à se transformer en mécanisme d’installation durable » et « aucun transfert automatique n’est prévu », précise le communiqué officiel. Kinshasa précise également que cette initiative ne vise ni à installer durablement des migrants ni à servir de délocalisation de la politique migratoire des États-Unis.

D’après le communiqué, des sites d’accueil ont été retenus à Kinshasa afin d’assurer un encadrement administratif, sécuritaire et humanitaire des migrants. Le dispositif sera entièrement financé et géré sur le plan logistique par les États-Unis, à travers des structures spécialisées. La République démocratique du Congo n’aura donc pas à mobiliser son Trésor public pour cette opération.

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Un accord dans une tendance régionale

Cet accord s’ajoute à une série de partenariats que l’administration Trump a noués avec plusieurs pays africains. Le Rwanda accueille jusqu’à 250 expulsés, l’Eswatini en a reçu 19 depuis juillet 2025, tandis que l’Ouganda, le Ghana et le Soudan du Sud ont également signé des arrangements similaires. Le Cameroun, révélé par le New York Times en mars 2026, a conclu un accord confidentiel qui a conduit à l’expulsion de migrants dès janvier 2026.

Ces partenariats interviennent dans un cadre de vaste répression de l’immigration menée par Washington. Selon un rapport du Sénat américain publié en février 2026, au moins 40 millions de dollars ont été dépensés pour expulser quelque 300 migrants vers des pays tiers, certains accords coûtant plus d’un million de dollars par personne.

Le dispositif congolais deviendra opérationnel dans quelques jours, faisant de la RDC un maillon nouveau d’une chaîne d’expulsions qui contourne l’obligation de rapatrier les migrants dans leur pays d’origine.

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