Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a transmis, le 8 avril 2026, une demande formelle au président de l’Assemblée nationale pour la création d’une commission d’enquête parlementaire. La démarche porte sur l’utilisation par le gouvernement sénégalais d’instruments financiers connus sous le nom de Total Return Swaps (TRS) dans le cadre de la gestion de la dette extérieure du pays.
La lettre, signée par Mme Aissata Tall Sall en sa qualité de présidente du groupe, sollicite le traitement de la demande « par les instances habilitées ». Elle s’accompagne d’un exposé des motifs et d’un projet de résolution joints en annexe.
Une opération de dette qui suscite des questions
Le gouvernement sénégalais avait annoncé le remboursement de 471 millions de dollars au titre du service de sa dette extérieure, réglé avant l’échéance du 13 mars 2025. Les autorités avaient alors précisé que cette opération figurait dans le plan de financement pour l’année 2025, et que le recours aux Total Return Swaps constituait un outil d’ajustement des conditions de financement.
Les TRS sont des contrats dérivés par lesquels une partie transfère à une autre l’intégralité des flux financiers d’un actif, en échange d’un taux fixe ou variable. Utilisés dans la gestion de dettes souveraines, ces instruments sont légaux mais peu transparents par nature, ce qui explique qu’ils échappent parfois aux circuits habituels de publication budgétaire.
Le Financial Times au cœur des interrogations
La demande d’enquête parlementaire intervient dans la foulée d’un article publié par le Financial Times le 23 mars 2026, selon lequel le Sénégal aurait contracté des emprunts portant sur plusieurs centaines de millions de dollars qui n’auraient pas fait l’objet d’une communication publique. Le journal britannique n’a pas été démenti officiellement par Dakar à ce stade.
C’est précisément ce point — la traçabilité et la publicité des opérations de marché réalisées par l’État — que le groupe Takku Wallu entend soumettre à l’examen d’une commission d’enquête dotée de pouvoirs d’investigation.
La demande doit désormais être examinée par le bureau de l’Assemblée nationale, qui décidera de la suite à lui réserver conformément au règlement intérieur de l’institution.



