Le président américain Donald Trump a publié dimanche 13 avril, sur son réseau Truth Social, un message virulent ciblant le pape Léon XIV, critiquant ouvertement ses positions sur la guerre en Iran et sa gestion de la politique étrangère. C’est la première fois qu’un président américain en exercice s’attaque publiquement et nommément au chef de l’Église catholique.
Dans sa publication, Trump accuse le pape d’être « faible sur le crime » et « néfaste pour la politique étrangère », lui reprochant de tolérer la possession d’armes nucléaires par Téhéran. Interrogé peu après par des journalistes à la descente d’Air Force One, le président a ajouté : « C’est une personne très libérale » avant de conclure : « Je ne suis pas un fan du pape Léon. »
Une rupture née de la guerre en Iran
La tension entre la Maison-Blanche et le Vatican s’est cristallisée autour du conflit américano-israélien contre l’Iran, engagé depuis le 28 février. Léon XIV, premier pape de nationalité américaine élu le 8 mai 2025, a multiplié les appels à la négociation, dénonçant ce qu’il a qualifié de « délusion de toute-puissance » alimentant l’escalade militaire.
Le 8 avril, après que Trump avait menacé sur Truth Social qu’une « civilisation entière mourrait cette nuit » si l’Iran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz, le pape avait publiquement qualifié cette déclaration de « totalement inacceptable ». Il avait appelé les citoyens à contacter leurs représentants politiques pour exiger la paix — une démarche que des historiens du Vatican ont qualifiée d’extrêmement rare pour un pontife.
Un pape populaire, une Église divisée
Les attaques de Trump interviennent alors que Léon XIV bénéficie d’une cote de popularité nettement supérieure à celle du président : un sondage NBC News publié en mars lui accordait un indice de confiance de +34. Plusieurs cardinaux américains, dont le cardinal Blase Cupich de Chicago et le cardinal Robert McElroy de Washington, ont publiquement soutenu les positions du pape sur le conflit iranien.
Selon un sondage du Pew Research Center publié en janvier, 46 % des catholiques blancs américains soutenaient l’agenda Trump, contre 51 % en 2025 — une érosion qui coïncide avec la montée en puissance des prises de position de Léon XIV.
Le pape doit entamer lundi un voyage de onze jours en Afrique. Les négociations entre Washington et Téhéran, supervisées par le Pakistan, se poursuivent dans le cadre d’un cessez-le-feu fragile.



