Côte d'Ivoire : taxes aéroportuaires en baisse de 25 %, pas de garanties pour les prix des billets

Le Conseil des ministres ivoirien a adopté le 29 avril 2026 trois décrets réformant la structure des redevances aéronautiques appliquées aux aéroports du pays. Pour les vols intra-CEDEAO, la redevance passagers et la redevance de sûreté sont désormais réduites de 25 %. La mesure ne porte pas directement sur le prix des billets d’avion.

Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, l’a précisé à l’issue du Conseil : « La réduction concerne les redevances et non directement le prix du billet. » Cette nuance est centrale. Pour qu’une baisse tarifaire atteigne les plateformes de réservation, les nouvelles données fiscales doivent d’abord être transmises à l’ATPCO — l’organisme international qui configure les taxes dans les systèmes des compagnies aériennes —, une étape qui conditionne toute modification effective des prix affichés aux passagers.

La Côte d’Ivoire, premier État à transposer formellement la directive

Ces décrets transposent en droit ivoirien l’acte additionnel adopté par la CEDEAO en décembre 2024, qui enjoint ses douze États membres actifs — le Bénin, le Cap-Vert, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Nigéria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo — à supprimer les taxes non aéronautiques et à réduire de 25 % les redevances passagers et de sécurité, avec entrée en vigueur fixée au 1er janvier 2026.

Publicité

Quatre mois après cette échéance, aucune transposition formelle équivalente n’a été documentée dans les autres pays membres. Selon l’Agence Ecofin, une simulation tarifaire réalisée fin janvier 2026 sur la route AbidjanDakar révélait des taxes et frais à 257 100 FCFA pour un tarif de base de 218 100 FCFA, soit plus de la moitié du prix total du billet. Le Ghana et le Nigéria ont, de leur côté, introduit de nouvelles charges aéroportuaires en début d’année.

Un double objectif : compétitivité et positionnement régional

Les trois décrets modifient des textes réglementaires datant de 2003, 2008 et 2018 et couvrent l’ensemble des segments de vol : liaisons domestiques, vols vers l’Afrique hors CEDEAO et routes intercontinentales, avec un traitement préférentiel réservé aux dessertes intra-ouest-africaines. Le gouvernement ivoirien entend renforcer la compétitivité d’Air Côte d’Ivoire et consolider l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan comme hub régional — un aéroport dont le trafic est passé de 935 130 passagers en 2020 à 2 535 451 en 2024, selon les chiffres officiels.

La CEDEAO a mis en place un mécanisme régional de surveillance chargé de vérifier que les baisses de redevances se traduisent par une réduction tarifaire pour les passagers, et non par une amélioration des marges des compagnies. Les experts de l’institution estiment qu’une application intégrale de la réforme dans l’ensemble de la zone pourrait faire baisser le prix des billets d’environ 40 %. Ce scénario reste conditionnel tant que la majorité des États membres n’ont pas adopté leurs propres textes d’application.

Laisser un commentaire