Énergie : Lavrov dénonce une stratégie américaine de contrôle des corridors mondiaux

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé, mercredi 13 mai, les États-Unis de chercher à mettre la main sur l’ensemble des routes énergétiques mondiales, dans un entretien accordé à la chaîne RT India à la veille de son déplacement à New Delhi pour la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS. Le chef de la diplomatie russe a, dans le même temps, garanti à l’Inde la continuité des livraisons d’hydrocarbures russes malgré les pressions occidentales.

Une accusation directe contre Washington

« Leur objectif est de tout s’emparer, de saisir toutes les routes énergétiques qui comptent. Cet objectif est très clair, et je suis convaincu que l’Inde comprend ce qui se passe », a déclaré Lavrov à RT India. Le ministre russe a qualifié de méthodes « coloniales ou néocoloniales » la politique américaine consistant, selon lui, à dissuader les pays tiers d’acheter du pétrole russe pour les orienter vers le gaz naturel liquéfié (GNL) américain, vendu à un prix supérieur. Lavrov a également affirmé que Washington évoquerait ouvertement des projets de prise de contrôle d’un gazoduc reliant la Russie à l’Europe, sans préciser lequel.

L’Inde au centre de la diplomatie énergétique russe

Le ministre russe a assuré que les intérêts indiens en matière d’approvisionnement énergétique ne seraient pas affectés par cette « concurrence déloyale ». L’Inde, qui importe plus de 85 % de ses besoins en pétrole brut, est devenue depuis 2022 l’un des principaux débouchés du brut russe, redirigé après les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, la Russie a fourni en 2025 près de 35 % des importations indiennes de pétrole brut, contre moins de 2 % avant le conflit. Lavrov a qualifié la relation bilatérale d’« impossible à détruire ».

Une visite à New Delhi sur fond de tensions sur Ormuz

Le ministre russe a élargi son propos au volet européen, estimant que l’Union européenne serait la première affectée par la crise du détroit d’Ormuz, dans la mesure où l’interdiction du pétrole et du gaz russes contraindrait Bruxelles à se rabattre sur un GNL américain plus coûteux. La réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, à laquelle Lavrov doit participer aux côtés de son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, s’ouvre ce mercredi à New Delhi pour deux jours.

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