Moscou a vivement réagi lundi 1er juin à l’arraisonnement du pétrolier Tagor par la Marine nationale française dans l’océan Atlantique. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié l’opération d’illégale lors d’un point de presse, estimant qu’elle constitue un acte de « piraterie internationale ».
Moscou dénonce une violation du droit de la mer
« Nous considérons de telles actions comme illégales, car elles constituent une piraterie internationale », a déclaré Dmitri Peskov, rejetant toute conformité de l’opération avec le droit international. L’arraisonnement s’est produit dans la nuit du dimanche 31 mai, à plus de 740 kilomètres à l’ouest des côtes bretonnes. Le Tagor, un pétrolier en provenance du port russe de Mourmansk, a été intercepté par des unités de la Marine nationale avec le concours du Royaume-Uni. Le président Emmanuel Macron a annoncé l’opération le lendemain matin sur X, affirmant que le navire arborait un faux pavillon et contournait les sanctions internationales visant la Russie.
L’examen des documents de bord par l’équipe de visite de la Marine nationale a confirmé les irrégularités suspectées concernant le pavillon. Un signalement a été adressé au parquet de Brest, territorialement compétent pour les infractions commises en haute mer dans l’Atlantique.
Un pétrolier sous sanctions multiples
Le Tagor figure sur les listes de sanctions de l’Union européenne, des États-Unis et du Royaume-Uni. Selon le site de suivi maritime MarineTraffic, le navire n’avait plus émis de signal AIS depuis une semaine au moment de son interception, alors qu’il naviguait au large des côtes norvégiennes sous pavillon malgache.
Le Tagor est le quatrième navire de la flotte fantôme russe arraisonné par la France depuis septembre 2025. Les trois précédents — le Boracay, le Grinch et le Deyna — avaient été relâchés après paiement d’amendes. En avril 2026, le gouvernement français avait annoncé son intention de doubler les peines applicables aux infractions de défaut de pavillon et de refus d’obtempérer. Escorté par la Marine nationale, le Tagor et ses 23 membres d’équipage devaient rejoindre un point de mouillage sous 24 à 48 heures pour la poursuite des vérifications judiciaires.



