Les autorités gambiennes ont empêché la tenue d’une conférence organisée par un collectif d’organisations non gouvernementales favorables au Front Polisario, prévue le 13 mai 2026 à Banjul en marge de la 87e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP). L’événement, intitulé Briser le silence sur la protection des défenseurs des droits humains au Sahara occidental, devait réunir des ONG et des représentants d’États soutenant le mouvement dirigé par Brahim Ghali.
Une annulation dénoncée comme une atteinte à l’espace civique
Dans un communiqué daté du 13 mai 2026, les organisateurs ont qualifié cette interdiction de tentative de « museler les défenseurs des droits humains sahraouis ». Plusieurs ONG signataires du texte ont exigé le rétablissement de l’événement, avertissant que son annulation risquait de « compromettre l’engagement de la Commission en faveur de la transparence, de la participation et de la protection de l’espace civique ». Les motifs précis invoqués par les autorités gambiennes pour justifier cette décision n’ont pas été rendus publics à ce stade.
La CADHP, dont le secrétariat permanent est établi à Banjul, tient sa 87e session du 11 au 20 mai 2026. Cette réunion continentale rassemble les délégations officielles des États membres de l’Union africaine, des institutions nationales des droits de l’Homme et des représentants de la société civile. La République sahraouie y participe en qualité d’État membre fondateur de l’UA.
Un Polisario fragilisé sur la scène internationale
L’interdiction gambienne survient alors que le Front Polisario fait face à une érosion notable de ses soutiens diplomatiques. En octobre 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2797, à l’initiative des États-Unis, qui consacre le plan d’autonomie marocain comme la base la plus réalisable pour un règlement du conflit. En janvier 2026, l’Union européenne a officiellement aligné sa position sur cette résolution.
La délégation sahraouie avait néanmoins pu participer au Forum des ONG organisé en amont de la session publique de la CADHP, où elle a alerté sur ce qu’elle décrit comme une aggravation des violations des droits de l’Homme au Sahara occidental.
La session de la CADHP se poursuit jusqu’au 20 mai 2026. Aucune décision de la Commission relative à l’interdiction de la conférence n’a été annoncée à ce jour.
