L’Agence nationale de répression du trafic de drogues (NDLEA) a mis fin aux activités d’un réseau transnational de production de méthamphétamine opérant depuis une forêt reculée de l’État d’Ogun, dans le sud-ouest du Nigeria. L’opération, menée mercredi 21 mai 2026, a abouti à la saisie de 2,4 tonnes de stupéfiants et de précurseurs chimiques estimés à 363 millions de dollars, et à l’arrestation de dix membres du cartel, dont trois ressortissants mexicains.
Les raids simultanés ont ciblé un laboratoire clandestin dissimulé dans la zone forestière d’Ijebu ainsi que plusieurs propriétés liées au réseau dans l’État de Lagos. Sur le site principal, les enquêteurs ont mis au jour une infrastructure de fabrication qualifiée d’« industrielle » par la NDLEA. Les trois Mexicains interpellés sur place auraient fourni l’expertise technique nécessaire à la production à grande échelle — un rôle que le directeur général de l’agence, le général de brigade Mohamed Buba Marwa, a désigné comme l’importation de « compétences étrangères » au service d’une filière locale.
Le cerveau du réseau arrêté à Lagos
Le présumé donneur d’ordres nigérian, Anochili Innocent, a été appréhendé séparément à son domicile de Lagos. Trois autres arrestations ont suivi lors d’opérations complémentaires conduites le 18 mai dans le quartier de Lekki, portant à dix le nombre total de suspects en garde à vue. Parmi eux figurent six collaborateurs nigérians identifiés comme membres actifs du réseau.
La NDLEA a qualifié cette opération de plus importante saisie de drogues synthétiques jamais réalisée au Nigeria. Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’Afrique de l’Ouest est devenue une plaque tournante croissante pour la fabrication et le transit de drogues illicites, en raison de la porosité des frontières et des failles institutionnelles de la région.
Enquête ouverte sur les filières d’approvisionnement
Les équipes spécialisées en chimie forensique de la NDLEA ont procédé à l’analyse et à la sécurisation de l’ensemble des substances saisies sur le site. Les investigations se poursuivent pour identifier les filières d’approvisionnement en précurseurs chimiques et les réseaux de distribution à l’international. Aucune date de mise en examen formelle n’a été communiquée à ce stade.
