Pour Marine Le Pen, la France doit dialoguer avec l'Algérie sans « s'agenouiller »

Marine Le Pen a exposé vendredi 22 mai sur BFMTV et RMC sa vision de la relation franco-algérienne, critiquant la stratégie du gouvernement Macron tout en acceptant le principe du dialogue. La présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale a exprimé des réserves sur les gestes diplomatiques récents adressés à Alger, notamment l’envoi de ministres français en Algérie.

Dialogue, mais pas de concessions

Marine Le Pen affirme que la France doit s’engager avec l’Algérie, mais sous conditions. « Il faut dialoguer avec toutes les nations parce que ça permet de défendre les intérêts de la France », a-t-elle déclaré. Elle reproche cependant au gouvernement une approche qu’elle juge trop accommodante. « Il ne faut pas s’agenouiller », a-t-elle tranché, dénonçant des « génuflexions ininterrompues » selon son expression.

La figure d’opposition pointe l’Algérie comme responsable de dysfonctionnements que le gouvernement français impute à des tensions bilatérales. Elle estime que la majorité des problèmes économiques et sociaux algériens relèvent de la responsabilité du gouvernement algérien, non pas de la France.

Les griefs concrets : OQTF et prisonniers français

Marine Le Pen détaille plusieurs points de friction. Elle revient sur l’emprisonnement de Boualem Sansal, opposant algérien récemment gracié, et celle du journaliste français Christophe Gleizes. Elle insiste notamment sur le non-respect par Alger des ordonnances de quitter le territoire français (OQTF) émises à l’encontre de ressortissants algériens.

Ces exigences interviennent alors que la France tente depuis plusieurs mois de normaliser ses relations avec Alger après une crise diplomatique majeure en 2025, marquée par le rappel de l’ambassadeur français et des expulsions réciproques de diplomates. Des gestes symboliques ont été multipliés : le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est rendu à Alger en février 2026, tandis que l’ambassadeur français Stéphane Romatet regagnait son poste. La ministre déléguée aux Armées et anciens combattants Alice Rufo a participé le 8 mai à Sétif à une cérémonie devant la stèle de Bouzid Saâl, dépôt de gerbe aux côtés de son homologue algérien Abdelmalek Tachrift, marquant une reconnaissance des pages sombres de l’histoire partagée.

Une visite attendue

Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a mentionné que son homologue algérien pourrait se rendre en France dans les jours suivants. Cette visite reflète la continuité des efforts de réouverture des canaux diplomatiques, même si elle intervient dans un cadre de positionnements politiques divergents sur les conditions d’une normalisation durable. Pour Marine Le Pen, ces initiatives ne doivent pas conduire la France à céder sur ses intérêts : « Il faut dialoguer, mais il ne faut pas s’agenouiller devant l’Algérie. »

Laisser un commentaire