Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a directement répondu aux accusations d’Emmanuel Macron, qui avait qualifié la Russie de « véritable colonisateur du XXIe siècle » lors du sommet Africa Forward, tenu à Nairobi les 11 et 12 mai 2026. La réplique est venue en marge d’une réunion ministérielle des BRICS à New Delhi, le 15 mai.
Macron accusé de juger les autres à l’aune de ses propres critères
C’est depuis la capitale kényane que le président français avait lancé cette offensive verbale, défendant l’Europe comme partenaire « non prédateur » de l’Afrique face à d’autres puissances qu’il n’avait pas toutes nommées explicitement. La Russie, elle, était clairement visée.
Lavrov a retourné l’argument. Le président français « juge les autres pays selon ses propres critères », a-t-il déclaré à l’issue de la réunion des BRICS. Le ministre a rappelé que lorsque la Russie avait répondu, il y a cinq ans, à la demande d’aide des nouvelles autorités maliennes, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Jean-Yves Le Drian, avaient alors désigné l’Afrique et le Sahel comme « zone de responsabilité de l’UE« . « Qui mieux que les Français sait ce qu’est le véritable colonialisme, qui sont les véritables colonisateurs ?« , a lancé Lavrov.
Le Sahel, toile de fond du débat
Le sommet de Nairobi s’est tenu au moment où la France a perdu son influence au Sahel : depuis 2022, elle a été contrainte de quitter le Mali, le Burkina Faso et le Niger. La France y avait perdu pied face à une vague de contestation anti gallicane, dans laquelle Moscou a souvent été accusée par Paris d’alimenter des campagnes de désinformation via des relais médiatiques proches du Kremlin.
Lavrov a également évoqué une déclaration de dirigeants européens selon laquelle les anciennes colonies ne leur « sont pas attribuées de façon permanente » — une formule qu’il a présentée comme révélatrice d’une mentalité à Paris.
La prochaine réunion plénière des BRICS est prévue à Johannesburg plus tard dans l’année, où les tensions diplomatiques autour de l’influence respective des grandes puissances sur le continent africain devraient à nouveau s’inviter dans les discussions.



