Pour Zelensky, la portée des nouvelles armes ukrainiennes modifie le cours de la guerre

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé dans une vidéo dimanche 17 mai, une opération de grande envergure contre la région de Moscou, conduite par les Forces de défense ukrainiennes, le Service de sécurité et les renseignements militaires. Les frappes ont visé des cibles situées à plus de 500 kilomètres à l’intérieur du territoire russe.

« Nos capacités à long rayon d’action changent significativement la situation — et, plus largement, la perception mondiale de la guerre russe », a déclaré Zelensky dans son discours vidéo dominical. Le chef de l’État a présenté cette opération comme un signal adressé tant à la Russie qu’aux partenaires occidentaux de Kiev, indiquant que plusieurs d’entre eux auraient déjà modifié leur appréciation du conflit.

Une montée en puissance confirmée par les frappes récentes

L’opération du 17 mai prolonge une séquence d’attaques ukrainiennes à longue portée engagée depuis plusieurs semaines. Des drones ont touché un immeuble résidentiel de Moscou lors de trois nuits consécutives début mai, tandis qu’une raffinerie Rosneft à Touapsé, sur la mer Noire, a subi plusieurs attaques causant, selon l’état-major ukrainien, plus de 300 millions de dollars de dommages. Depuis janvier 2026, des appareils ukrainiens auraient frappé au moins seize raffineries russes, pesant sur les recettes pétrolières de Moscou.

Ces frappes reposent sur un arsenal renouvelé. Le missile de croisière F-5 Flamingo, de fabrication nationale, affiche une portée annoncée de 3 000 kilomètres. Le 5 mai, Zelensky avait déjà rendu publique une vidéo de tirs de ce missile contre l’usine VNIIR-Progress de Tcheboksary, à plus de 1 500 kilomètres du territoire ukrainien — site produisant des modules de navigation pour drones et missiles russes. Le drone AN-196 Liutyi et le FP-2 Fire Point, chargé de 105 kilogrammes d’explosifs, complètent ce dispositif.

Moscou réduit son défilé, Kiev frappe la Crimée

Face à cette pression, la Russie avait décrété un cessez-le-feu unilatéral autour du 9-Mai pour sécuriser son défilé militaire sur la place Rouge, réduit cette année à sa portion symbolique — sans véhicules blindés ni cadets. Dans son discours du 17 mai, Zelensky a également confirmé des frappes en Crimée, territoire annexé par la Russie en 2014. Kiev maintient sa politique de ciblage des installations militaires dans les territoires qu’elle considère comme occupés, sans distinction géographique avec le territoire russe reconnu internationalement.

Les négociations entre Kiev et Moscou, relancées sous médiation américaine lors de pourparlers tenus à Genève les 17 et 18 février 2026, n’ont pas produit d’avancée concrète. Le Conseil européen a depuis réitéré son appel à la Russie pour qu’elle accepte un cessez-le-feu complet et inconditionnel, tandis que l’Union européenne prépare un vingtième train de sanctions contre Moscou.

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