RDC : Denis Mukwege s'oppose à un éventuel 3e mandat de Tshisekedi

Denis Mukwege, figure importante de la société civile congolaise, a exprimé son opposition le 18 mai 2026 au projet de révision constitutionnelle permettant à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Le lauréat du prix Nobel de la paix formule ses critiques dans une déclaration publiée sur le réseau social X, affirmant que « les principes de base de la démocratie sont à nouveau en danger en RDC ». Cette prise de position intervient trois jours après que le gouvernement ait relancé le débat sur les limites présidentielles.

Cette prise de position intervient suite à la déclaration de Tshisekedi du 6 mai 2026, par laquelle le président congolais a indiqué qu’il accepterait un troisième mandat si le peuple le demandait par référendum. Le chef de l’État a également lié l’organisation des élections prévues en 2028 à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est du pays, où se poursuit un conflit armé.

Les arguments constitutionnels contre la révision

Mukwege s’appuie sur deux articles de la Constitution pour rejeter les velléités de modification. Les articles 219 et 220 interdisent respectivement toute révision lors d’une situation de guerre ou d’urgence, et précisent que « le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ». Le pays demeure en situation de conflit armé dans l’est du territoire.

L’opposant dénonce également ce qu’il qualifie d’incohérence : autoriser un report des élections en raison de l’insécurité dans le Nord et le Sud-Kivu, tout en envisageant l’organisation d’un référendum constitutionnel dans les mêmes conditions. Ces deux régions regroupent environ 12 millions d’électeurs.

Critique de la dérive autoritaire

Mukwege reproche à la majorité présidentielle et à l’Union sacrée, alliance politique au pouvoir, de privilégier un système fondé sur le culte de la personnalité au détriment de l’alternance démocratique. Il souligne que le bilan gouvernemental en matière de sécurité, d’économie et de politique sociale justifie, selon lui, le départ du chef de l’État plutôt que sa prolongation.

Il note également le revirement de certains acteurs politiques qui avaient combattu les tentatives de modification constitutionnelle sous le régime précédent. L’activiste appelle la population à rejeter « toute tentative de dérive autoritaire » et à se réapproprier la Constitution.

Le calendrier constitutionnel en suspens

Le second mandat de Tshisekedi prendra fin le 20 janvier 2029. D’ici cette date, la majorité parlementaire prépare l’encadrement juridique d’un éventuel référendum. Le 30 avril 2026, un député de la majorité a défendu une proposition de loi de 93 articles visant à organiser les conditions d’une telle consultation populaire. L’opposition et plusieurs organisations religieuses poursuivent leur mobilisation contre ce projet.

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