Élections en RDC : Tshisekedi veut-il se maintenir au pouvoir après 2028 ?

Ce mercredi 6 mai 2026, lors d’un face-à-face avec la Nation retransmis en direct depuis Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo a lâché une phrase qui résonne bien au-delà de son sens littéral. « Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028 », a déclaré Félix Tshisekedi, ajoutant dans le même souffle : « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais si le peuple le souhaite, j’accepterai. » Une double déclaration qui n’est pas passée inaperçue.

Un terrain déjà balisé

Ces propos ne surgissent pas du néant. Depuis plusieurs mois, la majorité présidentielle prépare méthodiquement le terrain. Le 30 avril 2026, le député Paul Gaspard Ngondankoy, membre de la majorité, a défendu devant l’Assemblée nationale une proposition de loi encadrant l’organisation d’un référendum — un texte déposé dès le 14 décembre 2024. L’opposition y voit immédiatement une porte dérobée vers un troisième mandat. Au sein même de l’UDPS, le parti présidentiel, le ministre des Sports Didier Budimbu avait déjà déclaré sans ambages lors d’un rassemblement : « Nous allons tout droit vers un troisième mandat, nous n’aurons pas honte. »

L’opposition réduite au silence

Pendant ce temps, le paysage politique se rétrécit. Le 22 septembre 2025, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale et potentiel rival interne, a démissionné de ses fonctions pour anticiper un vote de destitution soutenu par 262 signatures, largement au-delà du seuil requis. Joseph Kabila a été condamné à mort, Moïse Katumbi est en exil. Douze partis d’opposition ont été suspendus et sont en attente de dissolution, marginalisant de fait leurs dirigeants de toute négociation politique ultérieure.

La CENI dans l’impasse

Sur le plan électoral, les signaux d’alarme s’accumulent. Un an après la publication de sa feuille de route, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) accumule les retards sur la cartographie électorale, l’enrôlement des électeurs et le financement du scrutin. Son propre mandat arrive à échéance en 2027, soit un an avant les élections, sans qu’aucune décision n’ait été prise sur sa succession.

Des voix qui s’élèvent

Le cardinal Fridolin Ambongo a dénoncé publiquement le projet de modification de la Constitution, estimant qu’il détourne l’attention des problèmes que traverse le pays. L’opposant Delly Sessanga accuse le pouvoir d’instrumentaliser la guerre pour geler la vie démocratique, rappelant que Tshisekedi lui-même avait combattu dans la rue le « glissement électoral » orchestré par Joseph Kabila en 2016.

La question que beaucoup se posent désormais à Kinshasa comme dans les capitales étrangères, le président congolais se garde bien d’y répondre. Il laisse ses lieutenants parler, les textes avancer, et le temps s’écouler. Les Congolais, eux, observent.

1 réflexion au sujet de “Élections en RDC : Tshisekedi veut-il se maintenir au pouvoir après 2028 ?”

  1. Hoooooo Tshisekedi!!! Toi aussi tu aimerais bien faire un coup d’état institutionel ET te mantenir au pouvoir.
    iL n’y a pas à dire, la place de président est vraiment bonne.
    Félicitons donc Talon qui a laissé le pouvoir sans doute avec tristesse.

    Répondre

Laisser un commentaire