Résolution sur l'esclavage : le Ghana revendique deux avancées majeures en une semaine

Samuel Okudzeto Ablakwa, ministre des Affaires étrangères du Ghana, a salué mercredi deux décisions majeures survenues à quelques jours d’intervalle : l’abrogation du Code Noir par l’Assemblée nationale française et les excuses publiques du pape Léon XIV pour le rôle du Saint-Siège dans la légitimation de l’esclavage. Accra y voit les premiers effets concrets de la résolution adoptée le 25 mars 2026 à l’ONU sous l’impulsion du président John Mahama.

Le Code Noir formellement supprimé du droit français

L’Assemblée nationale française a approuvé jeudi à l’unanimité l’abrogation du Code Noir et de l’ensemble des textes ayant réglementé l’esclavage dans les colonies françaises, des édits royaux jamais formellement supprimés depuis l’abolition de l’esclavage en 1848. Les 254 députés présents, issus de tous les groupes politiques, ont soutenu la proposition de loi présentée dans une journée réservée au groupe centriste Liot. Vingt-cinq ans après la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme un crime contre l’humanité, le rapporteur Max Mathiasin, député de Guadeloupe, a appelé à « poser un acte puissant de mémoire, de justice et de reconnaissance ». Le texte doit encore être examiné par le Sénat avant son entrée en vigueur définitive.

Le pape Léon XIV rompt avec le silence institutionnel du Vatican

Léon XIV a présenté lundi des excuses pour le rôle du Saint-Siège dans la légitimation de l’esclavage et pour avoir tardé à le condamner pendant des siècles, qualifiant ce bilan de « blessure dans la mémoire chrétienne ». Aucun pape n’avait jusqu’alors reconnu publiquement le rôle joué par ses prédécesseurs en accordant aux souverains européens l’autorité explicite de subjuguer et réduire en esclavage les « infidèles ». Ces excuses figurent dans la première encyclique de Léon XIV, intitulée Magnifica Humanitas, un document consacré à la protection de la dignité humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.

Les deux décisions surviennent deux mois après l’adoption par 123 États membres de l’ONU d’une résolution portée par Accra, déclarant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage comme le crime le plus grave de l’histoire de l’humanité. Le gouvernement ghanéen a formellement salué les excuses du pape. Mahama doit réunir une conférence internationale sur les réparations du 17 au 19 juin 2026 à Accra, pour définir une stratégie commune.

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