Real Madrid : Mourinho pourra-t-il apaiser les tensions après une saison décevante ?

José Mourinho est sur le point de faire son retour au Real Madrid pour un second passage. D’après Fabrizio Romano, il aurait trouvé un accord verbal avec le club madrilène le 18 mai 2026 pour un contrat de deux ans, alors qu’il est encore entraîneur de Benfica. L’officialisation est prévue après la dernière journée de Liga face à l’Athletic Bilbao. Le Real devra verser 7 millions d’euros d’indemnité à Benfica, une clause de sortie étant activable peu après la fin de saison.

Un vestiaire fracturé, deux saisons sans titre

Le Real Madrid aborde ce changement de cycle au terme de deux exercices consécutifs sans trophée majeur — une première depuis 2020-2021. Cette saison 2025-2026, le club a été éliminé en quarts de finale de la Ligue des champions par le Bayern Munich, battu en finale de la Supercoupe d’Espagne par le FC Barcelone (3-2), sorti dès les 16es de finale de la Coupe du Roi par Albacete, club de deuxième division, et termine la Liga à onze points du champion barcelonais.

La saison a été marquée par une instabilité interne au sein du vestiaire. Arrivé en août 2025, Xabi Alonso a été rapidement écarté après la Supercoupe, remplacé par intérim par Álvaro Arbeloa. Ce changement a accentué les tensions et divisé le groupe en deux clans : d’un côté Mbappé, Tchouaméni, Courtois et Carvajal proches des idées d’Alonso ; de l’autre Vinícius Jr, Valverde et Bellingham, perçus comme opposés à ce camp, selon la presse espagnole. Des tensions auraient même dégénéré en altercations physiques, notamment entre Tchouaméni et Valverde, ce dernier ayant été blessé. Pour Carlo Ancelotti, cette fragilisation s’explique aussi par le départ progressif de cadres importants comme Casemiro, Kroos, Modrić, Benzema et Nacho.

Un mercato conditionné à l’aval du Portugais

Mourinho aurait exigé d’avoir un contrôle sur le recrutement, jugeant l’effectif actuel déséquilibré. D’après Sacha Tavolieri, il viserait en priorité trois renforts en défense : un latéral droit, un latéral gauche et un défenseur central. Dans le même temps, le club a confirmé le départ de Dani Carvajal à la fin de son contrat. Au milieu de terrain, la priorité serait Rodri. Selon plusieurs sources, il serait la cible principale pour reconstruire l’entrejeu du Real Madrid, avec une valeur estimée à environ 60 millions d’euros. Il reste toutefois sous contrat avec Manchester City jusqu’en 2027.

Un passé brillant mais qui interroge

Lors de son premier passage au Real Madrid (2010-2013), Mourinho avait hérité d’un club incapable de franchir les huitièmes de finale de la Ligue des champions depuis cinq ans. Sa réponse avait été une Liga 2011-2012 à 100 points, record dans les quatre grands championnats européens qui tient encore aujourd’hui. Pour imposer sa hiérarchie, il avait écarté Casillas au profit de Diego López, publiquement épinglé Benzema en conférence de presse, et géré les tensions par l’autorité directe — jusqu’à ce que le vestiaire se retourne contre lui. Son départ en mai 2013, acté par consentement mutuel avec Florentino Pérez, était intervenu dans un climat de fractures internes, malgré un titre de Coupe du Roi cette même saison.

La situation actuelle reproduit ce schéma, en plus complexe. En 2011-2012, Mourinho avait arbitré un vestiaire construit autour d’une star principale dont le statut était incontesté. Il trouve aujourd’hui au moins quatre joueurs revendiquant le même rang : Mbappé, Vinícius Jr, Bellingham et Valverde. Ni Alonso ni Arbeloa n’ont réussi à s’imposer comme arbitre de ces conflits. La réponse à la question posée par ce retour est dans les chiffres de son premier mandat : Mourinho avait réduit les tensions sur le terrain — une Liga record — mais les avait aggravées dans le vestiaire. Avec un effectif aujourd’hui plus fragmenté et des ego plus nombreux, rien ne garantit que l’équation soit différente. L’annonce officielle de sa nomination est attendue dans les prochains jours, une fois disputée la dernière journée de Liga.

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