Sénégal : convoqué par la gendarmerie, Guy Marius Sagna dénonce les pratiques judiciaires

Le député Guy Marius Sagna a annoncé ce vendredi 29 mai 2026, sur sa page Facebook, avoir reçu une convocation de la section de recherches de la gendarmerie pour une « affaire le concernant ». Le parlementaire sénégalais, figure du courant souverainiste au sein de PASTEF, a saisi l’occasion pour critiquer le comportement des forces de l’ordre à l’égard des élus et des citoyens.

Une convocation transformée en tribune politique

Dans sa publication, Guy Marius Sagna ne se limite pas à signaler la convocation. Il dénonce une tentative de « rapt » dont aurait été victime le député Cheikh Bara Ndiaye, survenue il y a quelques jours aux abords de l’Assemblée nationale. Pour l’élu, ce type de pratique rappelle les méthodes du régime de l’ancien président Macky Sall, contre lesquelles il dit s’être battu : « les non convocations, les rapts dans la rue ainsi que d’autres violences inutiles exercées sur les citoyens ». Il réclame que « les citoyens puissent recevoir des convocations à temps » et que « la force publique ne soit pas utilisée pour humilier des citoyens ». « La force de l’État doit être utilisée pour relever les citoyens et non pour les abaisser », conclut-il sur ce point.

Il formule également une critique directe à l’égard de l’appareil judiciaire, estimant que « la justice sénégalaise semble plus prompte à s’occuper des patriotes que des assassins de nos martyrs, des tortionnaires de nos camarades, de reddition des comptes en général ». Il assure que « cette lutte sera gagnée » par ce qu’il désigne comme « le camp souverainiste africain du Sénégal ».

Un député en rupture assumée avec l’exécutif

Cette sortie intervient dans une période de tensions internes à la majorité. Depuis mars 2026, Guy Marius Sagna avait déjà acté publiquement sa distance avec le président Bassirou Diomaye Faye, affirmant sur Walf TV que ce dernier ne pouvait « plus être considéré comme son autorité politique au sein du mouvement ». Après le limogeage d’Ousmane Sonko et la dissolution du gouvernement, il avait appelé les militants fidèles à ne pas déserter le projet originel, renvoyant à ceux qui s’en éloignaient la responsabilité de s’en expliquer publiquement devant la nation.

Le 25 mai, il dénonçait sur Facebook une offensive contre PASTEF dissimulée derrière les débats constitutionnels en cours à l’Assemblée nationale, dénonçant des forces qu’il qualifiait de « néocoloniales ». Guy Marius Sagna indique qu’il « avisera » à la suite de la convocation reçue. Aucune date d’audition ni motif précis n’a été rendu public à ce stade.

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