Sénégal : élu président du Parlement, Sonko écarte l’idée de chaos institutionnel

Quatre jours après sa révocation de la Primature, Ousmane Sonko a pris la tête de l’Assemblée nationale sénégalaise ce mardi 26 mai 2026, promettant depuis le perchoir de ne pas transformer l’institution en instrument de déstabilisation. Le leader du PASTEF a été élu avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés, fort de la majorité de son parti au sein de l’hémicycle.

Cette élection fait suite à la démission, le 23 mai, d’El Malick Ndiaye, qui occupait la présidence de l’Assemblée depuis l’installation de la quinzième législature en décembre 2024. Sonko, réintégré comme député du PASTEF à la suite des élections législatives de novembre 2024, accède ainsi à la deuxième fonction de l’État, derrière le chef de l’État.

Un discours d’apaisement depuis le perchoir

Prenant la parole après son élection, Ousmane Sonko a tenu à dissiper les craintes d’un bras de fer institutionnel avec l’exécutif. « Je veux rassurer que je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel », a-t-il déclaré devant les députés. Il a toutefois précisé que l’Assemblée nationale exercerait « pleinement ses prérogatives constitutionnelles » — vote des lois, contrôle de l’action gouvernementale et évaluation des politiques publiques — et userait « de manière responsable mais tout aussi ferme de tous les leviers de contrepouvoir ». Sonko a également appelé à l’unité de l’hémicycle, tendant la main aux députés de l’opposition, en invoquant « une exigence supérieure », celle de « préserver la République ».

Un paysage exécutif reconfiguré

La rupture entre Faye et Sonko, dont les divergences portaient notamment sur les relations avec le FMI et la gestion des dossiers judiciaires impliquant d’anciens responsables de l’ère Macky Sall, a conduit à une recomposition rapide au sommet de l’État. Le président Faye a nommé lundi Ahmadou Al Aminou Lô, ancien cadre de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), au poste de Premier ministre.

La cohabitation entre un président de la République et un président de l’Assemblée issus du même parti mais en rupture politique ouverte constituera le premier test de cette nouvelle configuration institutionnelle, dont les contours pratiques se préciseront lors de l’examen du prochain projet de loi soumis au vote des députés.

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