Académie de médecine de France : les premiers mots de Justin Dénakpo après son  élection

Le gynécologue-obstétricien béninois Justin Lewis Dénakpo a réagi à son élection à l’Académie nationale de médecine de France, prestigieuse institution scientifique fondée en 1820. Invité sur le plateau de Bénin TV, le spécialiste de la santé maternelle a partagé ses impressions quelques jours après cette distinction obtenue avec plus de 95 % des suffrages, selon ses déclarations.

Originaire de Porto-Novo et de la commune d’Adjohoun, le professeur Dénakpo devient l’une des personnalités béninoises admises au sein de cette institution qui rassemble des experts de haut niveau dans les domaines de la médecine, de la recherche et de la santé publique.

« Je n’y suis pas arrivé tout seul »

Revenant sur l’annonce de son élection, le médecin a expliqué avoir reçu la nouvelle alors qu’il se trouvait à Paris. S’il reconnaît ressentir une grande fierté, il insiste sur le caractère collectif de cette réussite.

Le praticien a rendu hommage à ses parents, à ses enseignants ainsi qu’aux équipes médicales et universitaires qui ont accompagné son parcours. Il a également cité ses collaborateurs du Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM), de la Faculté des sciences de la santé de Cotonou et plusieurs partenaires de recherche en Europe. Pour le spécialiste, cette reconnaissance dépasse sa personne et récompense également le travail accompli depuis plusieurs années avec des professionnels de santé au Bénin et à l’étranger.

Un engagement renouvelé pour la recherche médicale

Au-delà de la distinction, Justin Lewis Dénakpo estime que cette élection renforce ses responsabilités. Il affirme vouloir mettre cette nouvelle position au service de projets scientifiques susceptibles d’avoir un impact concret sur la santé des populations.

Parmi les initiatives évoquées figure un programme de recherche consacré au développement d’un test salivaire destiné à détecter précocement certains signes liés au cancer du sein. Le projet associe plusieurs chercheurs et institutions de différents pays.

Le professeur a également indiqué travailler avec des équipes américaines et françaises sur des études concernant la santé des femmes, la prise en charge des mères et celle des nouveau-nés. Fondée il y a plus de deux siècles, l’Académie nationale de médecine de France contribue aux réflexions scientifiques et sanitaires en formulant des avis sur les grandes questions de santé publique. L’intégration d’un chercheur béninois au sein de cette institution offre une visibilité supplémentaire aux travaux menés depuis le continent africain.

Le parcours d’un médecin revenu servir son pays

Au cours de l’entretien, Justin Lewis Dénakpo est revenu sur son choix de rentrer au Bénin après avoir envisagé de poursuivre sa carrière en France. Il a expliqué avoir été convaincu par le regretté professeur Eusèbe Alihonou de mettre ses compétences au service du système de santé béninois.

Aujourd’hui, il partage son activité entre les soins aux patientes, l’enseignement universitaire et la recherche médicale. Il affirme n’avoir aucun regret quant à cette décision. S’adressant aux jeunes médecins, le gynécologue-obstétricien a rappelé que les distinctions ne doivent pas constituer un objectif en soi. Il a invité la nouvelle génération à privilégier le travail, la persévérance et la formation continue.

Le professeur a également révélé avoir financé une partie de son parcours académique grâce à plusieurs prêts bancaires contractés pour poursuivre ses études et ses spécialisations. Désormais membre de l’Académie nationale de médecine de France, Justin Lewis Dénakpo entend poursuivre ses activités de recherche tout en représentant le Bénin et les gynécologues-obstétriciens africains au sein de cette institution scientifique.

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