Corinne Masiero, actrice révélée par la série Capitaine Marleau sur TF1, a livré sa position sur la mise en examen de Patrick Bruel, dans un entretien accordé à Télé Poche. Le chanteur et acteur, mis en examen le 10 juin 2026 par le parquet de Nanterre pour des faits de viols, tentatives de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel, fait l’objet d’une information judiciaire ouverte après le dépôt de plusieurs plaintes.
Une réaction mesurée face à un dossier sensible
Connue pour ses prises de position publiques sans détour, notamment lors de précédentes cérémonies des César, Masiero a choisi un ton retenu pour évoquer ce dossier qui divise le milieu culturel français. « Je ne me réjouis pas du malheur des autres, même de mon pire ennemi, mais justice doit être rendue« , a-t-elle déclaré à Télé Poche.
L’actrice n’appelle ni à la clémence ni à la sanction immédiate. Elle place sa réflexion sur le terrain du processus judiciaire lui-même, distinct de la satisfaction personnelle que pourrait représenter la chute d’une personnalité publique.
Le cadre judiciaire de l’affaire Bruel
Cette déclaration intervient près de deux semaines après la mise en examen du chanteur. Selon le parquet de Nanterre, Patrick Bruel a été inculpé pour des faits qui se seraient déroulés à Neuilly-sur-Seine en 2008, à Bruxelles en 2010, ainsi qu’à Perpignan et à Ajaccio en 2019. Il a également été placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres procédures distinctes, concernant des faits allégués à Neuilly-sur-Seine, à Dinard, à L’Isle-sur-la-Sorgue et à Nyon, en Suisse.
Les juges d’instruction n’ont pas suivi les réquisitions du parquet concernant la détention provisoire. Le chanteur a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, assorti d’une caution de 500 000 euros, d’une interdiction de quitter le territoire national, d’une interdiction d’entrer en contact avec les plaignantes et d’une obligation de suivre des soins psychologiques. Il lui est également interdit de fréquenter les salons de massage. Patrick Bruel conteste l’ensemble des accusations portées contre lui.
Un dossier qui s’élargit depuis mars 2026
L’affaire a pris une ampleur judiciaire croissante après la publication d’une enquête de Mediapart le 18 mars 2026, dans laquelle plusieurs femmes accusaient déjà l’artiste de violences sexuelles commises entre 1992 et 2019. D’autres témoignages ont suivi en France, en Belgique et au Canada, portant le nombre de plaintes recensées à au moins treize selon un comptage établi en mai par Le Monde, Ouest-France et RTL.
Le label Sony Music Entertainment a suspendu en mai 2026 les activités promotionnelles liées au chanteur. Plusieurs avocats des parties civiles ont annoncé le dépôt de nouvelles plaintes dans les jours suivant la mise en examen. La procédure se poursuit désormais sous la conduite des quatre juges d’instruction saisis du dossier à Nanterre, dans l’attente d’éventuelles auditions complémentaires et du calendrier de l’instruction.



