Agriculture au Bénin : le gouvernement Wadagni veut produire plus et transformer sur place

Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a relayé l’orientation définie par le président Romuald Wadagni lors d’une tournée de trois jours, du 11 au 13 juin 2026, dans les départements des Collines et du Borgou-Alibori, axée sur l’objectif de produire davantage et de transformer localement. Cette mission l’a conduit à Paouignan, Glazoué et Parakou, où il a échangé avec des acteurs des filières coton, anacarde, riz et manioc, dans une situation marquée par une baisse de la production cotonnière observée depuis trois campagnes successives.

Le secteur agricole représente 24,2% du produit intérieur brut et fait vivre 2,3 millions d’actifs. Cette place acquise au fil des dernières années s’appuie notamment sur le coton, premier producteur d’Afrique de l’Ouest avec 637 000 tonnes pour la campagne 2024-2025, sur l’anacarde, dont la production a atteint environ 212 000 à 225 000 tonnes en 2024, ainsi que sur le soja, passé d’un peu plus de 500 000 tonnes en 2023 à environ 652 000 tonnes lors de la campagne 2024-2025. Cette dynamique se heurte désormais à un ralentissement de la filière cotonnière que le gouvernement entend inverser dès la prochaine campagne.

Un seuil de 700.000 tonnes fixé pour le coton

Face aux acteurs de la filière, le ministre a annoncé un objectif plancher de 700 000 tonnes de coton graine pour la campagne 2026-2027, dans une situation de baisse de la production depuis trois saisons. Pour encourager cette dynamique, le président Romuald Wadagni a promis une prime de 10 FCFA par kilogramme aux producteurs sur les volumes dépassant ce seuil. L’exécutif entend ainsi inverser la tendance à la baisse tout en liant davantage les revenus des agriculteurs aux performances de production.

Par ailleurs, la question de l’approvisionnement des unités locales de transformation a été au cœur des échanges, notamment avec la Fédération nationale des producteurs d’anacarde et celle des collecteurs et transporteurs de noix de cajou. Une partie de la production serait encore exportée de manière irrégulière vers des pays voisins, réduisant l’accès des industries locales aux matières premières. Le ministre a évoqué la mise en place d’un dispositif combinant grandes et petites unités de transformation, avec pour objectif d’assurer un approvisionnement plus régulier des usines grâce à un meilleur encadrement des flux de production.

Des capacités de transformation en expansion pour le riz et le manioc

À Malanville et à Glazoué, les deux unités du groupe Premium assurent actuellement la transformation d’environ 300 000 tonnes de paddy de riz par an. Une troisième usine, en cours de construction à Dangbo, viendra renforcer ce dispositif et portera la capacité globale à 500 000 tonnes une fois mise en service. Par ailleurs, à Paouignan dans les Collines, le Projet d’Appui au Développement agricole et à l’Accès au marché finalise une unité de transformation du manioc destinée à produire de la farine panifiable, du tapioca et du gari. Cette infrastructure repose sur un modèle de cogestion associant opérateurs privés et acteurs de la filière. Encore à l’étape pilote, ce dispositif est appelé à être étendu à d’autres régions du pays s’il confirme son efficacité en matière de création d’emplois locaux.

« Notre grand défi est de sécuriser la matière première » aux unités de transformation, a résumé le ministre, rappelant que l’agriculture relève selon lui autant de l’enjeu économique que de la sécurité sociale et nationale. La tournée ministérielle s’est achevée sur des engagements pris avec les fédérations de producteurs d’anacarde et les collecteurs de noix de cajou, en prévision du lancement de la campagne agricole 2026-2027.

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