Un nouveau cap politique se dessine au Sénégal. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé, vendredi, sa volonté de créer un parti politique pour fédérer ses soutiens, sur fond de rupture avec son ancien allié Ousmane Sonko, à l’issue d’une audience de quatre heures avec les 306 maires de la Coalition Diomaye Président, selon un communiqué de cette dernière.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé, vendredi, sa volonté de créer un parti politique pour fédérer ses soutiens, à l’issue d’une audience de quatre heures avec les 306 maires de la Coalition Diomaye Président, selon un communiqué de cette dernière. Réunis au Palais de la République, les élus locaux, venus des 14 régions du Sénégal, ont échangé avec le chef de l’État sur les orientations de son projet de gouvernance. Ils ont réaffirmé leur adhésion à la politique d’équité territoriale portée par le président et salué sa disponibilité envers les collectivités locales.
Un comité de réflexion chargé de bâtir la nouvelle formation
Bassirou Diomaye Faye a saisi cette rencontre pour affirmer sa volonté d’avancer vers une unité plus organique des forces qui l’accompagnent, à travers la création d’un parti politique. Il a chargé la superviseure générale de la coalition, Aminata Touré, de mettre en place un comité de réflexion. Cette instance devra préparer les éléments constitutifs de la future formation, sans qu’un calendrier précis n’ait été communiqué à ce stade.
La coalition a qualifié cette audience de tournant historique et affirmé son unité pour accompagner le président dans ce chantier, en vue des prochaines échéances électorales.
Une rupture consommée avec Sonko et Pastef
Cette annonce survient alors que les relations entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko se sont dégradées depuis plusieurs mois. Jusqu’ici, le chef de l’État s’appuyait sur la Coalition Diomaye Président, plateforme hétérogène ayant porté sa candidature en 2024, sans disposer d’un parti propre en dehors du Pastef, dont il fut secrétaire général avant son élection.
Le premier congrès du Pastef, tenu le 6 juin 2026, avait investi Ousmane Sonko candidat pour la présidentielle de 2029 et devait se pencher sur le sort des ministres restés au gouvernement. Cette séquence aurait accéléré la décision présidentielle de se doter d’une structure autonome, selon des éléments rapportés par la presse sénégalaise.
L’initiative intervient également quelques jours après l’adoption, le 29 juin, par l’Assemblée nationale, d’une révision constitutionnelle qui modifierait plusieurs équilibres institutionnels, prévoyant notamment qu’un président de la République ne pourrait plus diriger effectivement un parti politique. Ce nouveau cadre juridique conditionnerait la forme que prendra la structure présidentielle en préparation.
Le comité de réflexion mis en place par Aminata Touré doit désormais définir les contours organisationnels et idéologiques de cette formation, dont le nom et la date de lancement officiel n’ont pas encore été précisés.
