Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé, jeudi 18 juin, les alliés occidentaux à financer durablement l’armée ukrainienne pour en faire le pilier de la défense européenne après la guerre. Cette déclaration a été formulée lors de la 35e réunion du Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine (UDCG), qui rassemble les pays soutenant militairement Kiev depuis la début de la guerre en février 2022.
Zelensky a affirmé que l’Ukraine constitue aujourd’hui « la principale armée en Europe capable de dissuader et de résister à une agression de grande envergure sur une longue période », et que cette position devra être maintenue après la fin du conflit. Il a exhorté les membres du groupe à engager dès maintenant une réflexion sur les modalités de financement des besoins militaires ukrainiens pour les années à venir, présentant cette coopération comme « une nouvelle architecture de sécurité réaliste pour l’Europe ».
Une armée forgée par quatre ans de guerre totale
Depuis le déclenchement de la guerre à grande échelle, l’armée ukrainienne a accumulé une expérience de combat sur le continent. Elle affronte quotidiennement des assauts combinant drones, missiles balistiques et artillerie lourde : dans la seule nuit du 14 au 15 juin, selon le ministère français des Armées, la Russie a lancé 611 drones à long rayon d’action et 70 missiles sur le territoire ukrainien.
Cette démonstration s’est construite grâce à un soutien occidental massif. En décembre dernier, les dirigeants de l’Union européenne ont validé un nouveau prêt de 90 milliards d’euros destiné à Kiev. Les États membres de l’UE ont par ailleurs formulé des demandes de financement conjoint à hauteur de 50 milliards d’euros pour la défense aérienne, les munitions et les missiles, dans le cadre du programme SAFE, dont le préfinancement pourrait atteindre 22,5 milliards d’euros dès 2026.
Une menace russe qui dépasse les frontières ukrainiennes
La proposition de Zelensky intervient alors que les services de renseignement européens alertent régulièrement sur le risque d’un élargissement du conflit. La Russie a mené, depuis 2022, au moins 145 actes de sabotage recensés sur le territoire européen, selon la chercheuse Céline Marangé de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM). Cyberattaques, opérations de désinformation et espionnage complètent ce que les analystes qualifient de guerre hybride.
Face à cette pression, plusieurs pays européens — dont la Finlande, la Pologne et les États baltes — ont augmenté leurs budgets de défense et étudient la possibilité d’une présence militaire limitée en Ukraine après un éventuel cessez-le-feu, notamment pour des missions de formation ou de sécurisation.
La prochaine réunion ministérielle de l’OTAN, prévue à l’automne 2026, devrait être l’occasion pour les alliés de préciser leurs engagements financiers à long terme envers Kiev et d’examiner les contours d’une éventuelle garantie de sécurité post-conflit pour l’Ukraine.



