Le Nigeria enregistre deux décès en captivité en moins d’une semaine. Oba Salman Olatunji Aweda, chef traditionnel de la communauté d’Olayinka dans la zone de gouvernement local d’Ifelodun, au Kwara State, a été tué par ses ravisseurs malgré le paiement d’une rançon, selon des informations confirmées ce lundi 15 juin 2026 par un membre du comité de négociation communautaire.
Le souverain avait été enlevé dans la nuit du 18 avril 2026, lorsque des hommes armés ont fait irruption dans son palais vers 1h40 du matin. Les ravisseurs avaient exigé 21 millions de nairas en espèces, deux motos neuves et un jerrican d’essence. La communauté aurait versé la rançon. Le chef traditionnel a néanmoins été tué. Sa mort a été annoncée via un message vocal diffusé aux habitants d’Olayinka par un membre du comité chargé des négociations.
Un général à la retraite tué neuf jours plus tôt dans le nord-ouest
Ce drame survient neuf jours après la mort, le 13 juin, du général de division à la retraite Rabe Abubakar, ancien porte-parole de l’armée nigériane entre 2015 et 2017. Il avait été enlevé le 30 mai dans la zone de Matazu, dans l’État de Katsina, alors qu’il se rendait à un mariage avec son épouse. Des hommes armés avaient intercepté leur véhicule et emmené les deux otages, ainsi que leur chauffeur. Une semaine après l’enlèvement, les ravisseurs avaient diffusé une vidéo exigeant la libération de trois de leurs membres détenus par les forces de sécurité. L’armée nigériane et le gouvernement de l’État de Katsina ont confirmé le décès du général. Son épouse demeure en captivité à ce jour, selon la présidence nigériane.
Le président Bola Tinubu a réaffirmé le 13 juin le refus de son gouvernement de négocier avec les groupes armés. Son porte-parole Bayo Onanuga a confirmé que le gouvernement fédéral n’a pas accédé à cette exigence.
Plus de trente chefs traditionnels ont fui leurs palais
Le coordinateur de la Cellule de veille sécuritaire du Kwara Sud, Olaitan Oyin-Zubair, a signalé que plus de trente chefs traditionnels de la zone d’Ifelodun ont abandonné leurs résidences en raison des attaques répétées. Des localités entières — Olayinka, Oro-Ago, Omugo, Ahun — sont désertées, leurs marchés fermés et leurs écoles à l’arrêt. Selon l’ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), le nord-ouest du Nigeria a enregistré des centaines d’incidents violents attribués à des bandes criminelles en 2025.
Les opérations militaires pour localiser l’épouse du général Abubakar se poursuivent. Aucun bilan ni calendrier n’ont été communiqués par l’armée nigériane à ce stade.
