Le président américain Donald Trump a appelé mercredi 17 juin 2026, dans une déclaration diffusée par ABC News, à la conclusion d’un accord de dénucléarisation trilatéral impliquant les États-Unis, la Russie et la Chine. Ces propos interviennent alors que le dernier traité de contrôle des armements nucléaires entre Washington et Moscou a expiré depuis quatre mois, sans cadre de remplacement en vue.
Prenant la parole à l’occasion d’une intervention plus large sur le dossier iranien, Trump a évoqué la hiérarchie des puissances nucléaires mondiales avant d’appeler à un désarmement négocié : « Nous avons le plus grand arsenal et les armes les plus puissantes. Nous avons aussi le plus grand nombre. La Russie n’est toutefois pas loin derrière, puis vient la Chine à la troisième place. Mais d’ici cinq ans, ils seront probablement au même niveau. Nous devrions conclure un accord de dénucléarisation, ce serait formidable. Nous n’avons pas besoin de tout cela. Nous n’avons pas besoin d’être capables de détruire le monde entier 300 fois. C’est vraiment terrible. Si nous pouvions conclure un accord nucléaire, j’adorerais le faire. »
La montée en puissance de la Chine, nouvelle donnée de l’équation nucléaire
La montée en puissance de l’arsenal chinois constitue l’une des raisons avancées par l’administration Trump pour refuser de reconduire les termes du traité New START avec la Russie seule. Selon le département américain de la Défense, la Chine est passée de 250 ogives nucléaires en 2015 à 600 aujourd’hui, et devrait atteindre 1 000 d’ici 2030, selon les estimations publiées par l’institution Brookings. Le 6 février 2026, le sous-secrétaire d’État Thomas DiNanno avait annoncé devant la Conférence du désarmement à Genève que Washington chercherait à inclure Pékin dans tout futur accord, et à encadrer l’ensemble des ogives russes — et non plus seulement les têtes stratégiques déployées, comme le faisait New START.
Pékin a jusqu’ici refusé d’entrer dans toute négociation sur son arsenal nucléaire et n’a pas précisé les limites de son expansion. Lors de la visite d’État de Trump en Chine en mai 2026, le gouvernement chinois a écarté toute discussion sur son programme nucléaire.
New START expiré, aucun mécanisme de vérification en place
Le traité New START, signé en 2010 et prolongé une seule fois en 2021, est arrivé à échéance le 5 février 2026. Pour la première fois depuis le début des années 1970, aucun accord juridiquement contraignant ne limite les arsenaux nucléaires stratégiques des États-Unis et de la Russie. Les inspections mutuelles prévues par le traité avaient déjà été suspendues dès 2020, et la Russie avait officiellement suspendu sa participation au texte en février 2023, invoquant le soutien américain à l’Ukraine.
En septembre 2025, Vladimir Poutine avait proposé une prolongation d’un an des dispositions quantitatives du traité. Trump avait qualifié l’idée de « bonne », avant que Washington ne laisse la proposition sans réponse. Le 5 février 2026, Trump a posté sur Truth Social que les États-Unis devaient « travailler sur un traité nouveau, amélioré et modernisé ». Moscou, de son côté, conditionne tout nouveau cadre à l’inclusion des arsenaux français et britannique dans les négociations, une exigence rejetée par les alliés européens de l’OTAN.
Aucune date de reprise de négociations formelles n’a été annoncée par l’une ou l’autre des parties. L’assistant secrétaire d’État Christopher Yeaw a indiqué le 17 février 2026 que « tous les États nucléaires doivent être impliqués » dans le processus de contrôle des armements, élargissant encore le périmètre d’un éventuel accord futur.



