Le Bénin occupe la 24e place du classement continental de l’industrialisation, selon l’édition 2025 de l’Indice d’industrialisation en Afrique (IIA) publié par la Banque africaine de développement (BAD) en mai 2026. Avec un score de 0,5519 sur 1, le pays enregistre l’une des progressions les plus marquées de la zone UEMOA sur la période 2010–2024, gagnant huit places au classement.
Le rapport, qui évalue 54 pays africains sur quatorze ans à partir de 19 indicateurs combinant performance industrielle, investissement privé, infrastructures et gouvernance, positionne le Bénin parmi les dix économies africaines ayant le plus progressé sur l’ensemble de la période. Dans le détail régional, le pays devance le Togo (25e, 0,5479), le Mali (35e, 0,5100), le Burkina Faso (36e, 0,5043) et le Niger (40e, 0,4835), tout en se situant derrière le Sénégal (8e, 0,6368), la Côte d’Ivoire (10e, 0,6173), le Nigeria (14e, 0,5914) et le Ghana (18e, 0,5735).
Une décennie de transformation industrielle portée par l’agro-industrie
Cette trajectoire s’est construite progressivement. Au début des années 2010, le secteur secondaire béninois représentait à peine 13 à 14 % du PIB, l’économie restant très largement dépendante du commerce informel et du transit portuaire vers le Nigeria. La période 2016–2020 a amorcé un basculement : le gouvernement de Patrice Talon a révisé le Code des investissements, adopté une législation sur les zones économiques spéciales et réduit les délais administratifs d’installation industrielle. La production cotonnière a atteint des niveaux records, faisant du Bénin le premier producteur africain avec plus de 700 000 tonnes en 2020.
Le tournant structurel le plus documenté reste la création de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), lancée en 2020 et inaugurée en 2021. En 2024, cette zone concentrait 14 unités opérationnelles, 36 investisseurs contractualisés et plus de 14 000 emplois directs. Ses lignes de transformation ont traité près de 40 000 tonnes de coton et exporté plus de 2 millions de pièces textiles vers des enseignes internationales. Le secteur secondaire atteignait 19 % du PIB en 2024, contre 13 à 14 % en 2010, porté par une croissance de 9,7 % cette même année.
Un rang intermédiaire qui reflète des limites structurelles
La 24e place dans un classement de 54 pays indique que la progression béninoise, bien que notable, reste incomplète. Selon le FMI, dans un rapport consacré au Bénin en décembre 2024, la diversification économique demeure limitée et la dépendance aux matières premières agricoles — coton (49 % des exportations), cajou (11 %), soja (12,5 %) — n’a pas encore été substantiellement réduite.
La BAD note, pour l’ensemble du continent, que 41 pays ont amélioré leur score entre 2010 et 2024, mais que seuls 24 ont réellement progressé au classement. Le Bénin figure dans ce second groupe. La prochaine édition de l’indice, attendue pour couvrir la période 2010–2026, permettra d’évaluer si les investissements en cours à la GDIZ — dont la deuxième phase d’extension est engagée — consolident ou accélèrent cette trajectoire.