La deuxième audience du procès du tiktokeur Steve Wotto s’est tenue le lundi 22 juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Au cours des débats, son avocat a demandé qu’une expertise psychiatrique soit réalisée, estimant que son client présenterait des antécédents relevant de la santé mentale, une démarche qui rappelle celle engagée quelques mois plus tôt dans le dossier de la tiktokeuse Florence Kingbo.
Poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État, harcèlement par le biais d’un système électronique et incitation à la haine et à la violence, Steve Wotto a comparu devant la chambre correctionnelle de la juridiction spéciale. À l’issue de l’audience, le dossier a été renvoyé au 20 juillet 2026, selon Libre Express.
Steve Wotto reconnaît ses vidéos mais rejette les accusations
Interrogé par les juges sur les contenus diffusés sur les réseaux sociaux, Steve Wotto a admis être l’auteur de plusieurs vidéos visant notamment l’ancien président Patrice Talon ainsi que l’actuel chef de l’État, Romuald Wadagni. Le prévenu a expliqué avoir réalisé ces publications alors qu’il traversait une période d’amertume. Tout en assumant ses déclarations, il a contesté la qualification pénale retenue contre lui par le parquet.
Les échanges se sont tendus lorsque le tribunal l’a interrogé sur les circonstances de son arrestation. Steve Wotto a soutenu qu’il s’était présenté volontairement au commissariat de Bohicon après avoir appris qu’il faisait l’objet de recherches. Au cours de sa déposition, il s’est également présenté comme un homme guidé par des convictions spirituelles et a formulé plusieurs critiques contre les institutions et la gouvernance du pays.
La défense demande une expertise psychiatrique
L’un des points marquants de cette audience concerne la stratégie de la défense. L’avocat de Steve Wotto a indiqué devant la Cour que son client aurait été suivi au centre psychiatrique de Jacquot et a sollicité l’audition de son père afin d’apporter des éléments sur son état de santé.
La défense a également demandé une expertise psychiatrique. Steve Wotto s’est opposé à cette démarche en déclarant : « Je ne suis pas fou ». Le ministère public a demandé le renvoi du dossier. La CRIET a accédé à cette requête et fixé la reprise des débats au 20 juillet 2026.
Un argument déjà soulevé dans l’affaire Florence Kingbo
La question de la santé mentale d’un créateur de contenus poursuivi devant la CRIET avait déjà été soulevée dans le dossier de la tiktokeuse Florence Kingbo. Comparue devant la juridiction le 3 février 2026 après son interpellation à la suite d’une vidéo critique à l’égard du président Patrice Talon, Florence Kingbo avait elle aussi vu sa défense invoquer des troubles psychiatriques. Son avocat, Me A. Baparapé, avait alors affirmé que sa cliente ne pouvait être tenue pénalement responsable de ses actes en raison de son état de santé mentale.
Selon les déclarations de la défense rapportées à l’époque par Bip Radio, un certificat médical mentionnant des troubles psychiatriques avait été versé au dossier. La question de la responsabilité pénale de la prévenue avait alors été placée au centre des débats, aux côtés des poursuites engagées contre elle.
Dans les deux procédures, les avocats ont ainsi mis en avant l’état psychologique de leurs clients devant la CRIET. La différence notable reste que Steve Wotto a publiquement contesté l’hypothèse d’un trouble psychiatrique au cours de son audience, alors que la juridiction doit encore examiner la demande d’expertise formulée par sa défense. Le 20 juillet 2026, la CRIET devrait poursuivre l’examen du dossier Steve Wotto et se prononcer sur les mesures sollicitées par les parties.




Ah oui il faut être fou pour faire ou dire ce que même les juges au fond de leur cœur savent vrai.