Romuald Wadagni, investi président de la République du Bénin le 24 mai 2026 au Palais des Congrès de Cotonou, a engagé son septennat par une séquence d’une densité inhabituelle : formation du gouvernement le jour même de la prestation de serment, premier Conseil des ministres quatre jours plus tard, révision budgétaire et paquet de mesures sociales le 3 juin, huit pays visités en moins de trois semaines. En moins d’un mois, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances a posé les bases de ce que son équipe présente comme un mandat axé sur la rigueur, la réduction des inégalités et la sécurité.
Un recadrage d’emblée
Lors du Conseil des ministres inaugural du 28 mai 2026, Wadagni a fixé le cadre de son gouvernement sans détour. Selon le compte rendu publié par le Secrétariat général du gouvernement béninois, il a précisé aux membres de l’exécutif que leur nomination ne devait être perçue « ni comme un privilège personnel, ni comme la rétribution d’un engagement politique », mais comme une obligation de service envers la Nation. Il a astreint ses ministres à quatre principes : exemplarité, sobriété, intégrité et solidarité. Parmi les priorités fixées pour le septennat figurent l’éradication de l’extrême pauvreté, le renforcement de la défense et de la sécurité du territoire, ainsi qu’une régionalisation plus poussée du développement afin de réduire sensiblement les écarts de niveau de vie entre les communes du pays. Le Conseil des ministres se tiendra désormais une fois par mois, chaque premier mercredi, avec un Comité interministériel réuni deux fois par mois et des conseils de cabinet sectoriels selon les besoins.
Budget révisé, école gratuite pour les filles, urgences sans avance
Le 3 juin, le gouvernement a soumis à l’Assemblée nationale un projet de loi de finances rectificative portant le budget de l’État à 4 086,620 milliards de FCFA, contre 3 783,984 milliards dans la loi initiale, soit une hausse de 8 %. Les dépenses d’investissement progressent de 8,5 %. Parmi les mesures adoptées : la gratuité de la scolarité dans l’enseignement secondaire public pour toutes les filles dès la rentrée 2026-2027, une dotation d’un milliard de FCFA pour permettre aux hôpitaux publics de prendre en charge sans pré-paiement tout patient en urgence vitale, et des subventions agricoles pour les filières coton, riz, soja et cajou sous forme de primes à la production.
Huit pays en moins de trois semaines
Sur le plan diplomatique, Wadagni a enchaîné deux tournées régionales dès les premiers jours de son mandat. La première, du 1er au 4 juin, l’a conduit dans cinq pays. Il a d’abord choisi le Nigeria comme première destination officielle, où il s’est entretenu avec le président Bola Ahmed Tinubu à Lagos sur l’intégration économique, la coopération énergétique et la sécurité maritime dans le golfe de Guinée. Le lendemain, 2 juin, il s’est rendu successivement à Niamey et à Ouagadougou — première visite d’un président béninois dans les deux capitales depuis les coups d’État qui y ont porté des juntes au pouvoir. À Niamey, lui et le général Abdourahamane Tiani ont signé un communiqué prévoyant la mise en place d’un comité d’experts sur la réouverture de la frontière commune, fermée depuis août 2023, avant un entretien avec le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso sur les enjeux sécuritaires frontaliers. Le 3 juin, Wadagni s’est rendu à Lomé où le président du Conseil togolais Faure Essozimna Gnassingbé l’a reçu pour des échanges sanctionnés par un communiqué conjoint portant sur la sécurité et l’intégration économique. La tournée s’est achevée le 4 juin à Abidjan, avec une rencontre au palais présidentiel ivoirien avec Alassane Ouattara.
Une deuxième séquence diplomatique a suivi le 9 juin, avec trois nouvelles étapes bouclées en une journée. Selon un communiqué de la présidence béninoise, Wadagni s’est entretenu avec les plus hautes autorités du Sénégal, du Mali et de la Guinée-Bissau sur les perspectives de coopération économique et commerciale au sein de l’UEMOA et les défis sécuritaires régionaux. La visite au Mali, membre de l’Alliance des États du Sahel aux côtés du Niger et du Burkina Faso, a été particulièrement observée. À Bissau, le chef de l’État a été reçu par le général Horta Inta-A Na Man, chef du Haut Commandement militaire, dans un pays en transition dont les élections sont prévues en décembre 2026. Au total, Wadagni aura visité huit pays et couvert sept des huit membres de l’UEMOA en moins de trois semaines de mandat.
Les grands chantiers du septennat
Au-delà des premières décisions, le programme de société « Plus loin, Ensemble » présenté en mars 2026 dessine la feuille de route des sept années à venir. Sur le plan industriel, l’extension de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) sur 1 640 hectares et l’ouverture d’une zone économique transfrontalière Bénin-Nigeria à Kétou figurent parmi les projets annoncés, avec un objectif de création de 20 000 emplois supplémentaires. Le pôle d’excellence Sèmè City à Ouidah devrait par ailleurs voir son campus principal achevé durant le mandat. Sur le plan sanitaire, la construction d’un Centre hospitalier international à Parakou (CHIP) est prévue, pendant nordiste du Centre hospitalier international de Calavi (CHIC) dont la nouvelle phase opérationnelle doit être accélérée. Le programme table également sur le déploiement de campus numériques dans cinq villes — Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Natitingou et Abomey-Calavi — et sur l’extension des cantines scolaires à l’ensemble des écoles primaires publiques du pays, contre 30 % de couverture actuelle.
Le projet de loi de finances rectificative doit être examiné et voté par l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines. Le prochain Conseil des ministres ordinaire est prévu le premier mercredi de juillet 2026.




On y voit pas l’aéroport de Glo-Djigbé, ni le contournement de Cotonou. Ces deux projets constituent ils une chimère tout comme les Lycées techniques entièrement équipés????
Dans tous les cas, nous les attendons au carrefour.