Bénin : Un officier poursuivi après un message de félicitations à Pascal Tigri

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, ce lundi 22 juin 2026, le dossier d’un lieutenant-colonel de l’armée béninoise poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État. L’officier supérieur est mis en cause dans le cadre des investigations liées à la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025 et attribuée au lieutenant-colonel Pascal Tigri.

Placée sous mandat de dépôt depuis le début du mois de juin, la personne poursuivie a comparu devant la chambre correctionnelle de la juridiction spéciale. À l’ouverture des débats, le prévenu, âgé de 43 ans, a plaidé non coupable.

Un message WhatsApp au centre du dossier

À la barre, l’officier a expliqué avoir appartenu à la même promotion militaire que Pascal Tigri. Il a également indiqué avoir occupé les fonctions de commandant de l’opération Mirador avant son affectation à la Grande chancellerie.

Revenant sur les événements du 7 décembre 2025, il a déclaré avoir aperçu un blindé militaire circulant à vive allure près de son domicile. Selon ses déclarations, il aurait alors craint d’être arrêté par les hommes impliqués dans la tentative de coup d’État en raison de relations qu’il qualifie de difficiles avec Pascal Tigri.

Le prévenu a affirmé avoir reçu ce jour-là un message du principal accusé dans le dossier de tentative de putsch. D’après sa version des faits, ce message lui demandait de rejoindre les militaires engagés dans l’opération. Il soutient n’avoir donné aucune suite à cette sollicitation.

L’officier a également déclaré avoir tenté de joindre plusieurs hauts responsables militaires, notamment les généraux Abou Issa et Faïzou Gomina, sans parvenir à les contacter.

« Félicitations mon président »

L’accusation s’appuie notamment sur un message publié quelques heures plus tard dans un groupe WhatsApp réunissant les membres de leur promotion militaire. Selon les débats à l’audience, le prévenu y avait écrit : « Félicitations mon président ».

Interrogé sur la portée de cette publication, le lieutenant-colonel a rejeté toute intention de soutenir la tentative de coup d’État. Il a expliqué que ce message constituait, selon lui, une manœuvre destinée à détourner l’attention et à préserver sa sécurité dans un contexte qu’il jugeait particulièrement incertain.

Le juge a relevé que cette formulation pouvait être interprétée comme une marque de soutien à Pascal Tigri. Le prévenu a maintenu sa version et affirmé que ses relations avec ce dernier étaient dégradées depuis plusieurs années.

La défense invoque la coopération du prévenu

Au cours de l’audience, l’officier a déclaré s’être présenté dès le lendemain des faits devant la commission militaire chargée de l’enquête afin de rapporter les circonstances dans lesquelles le message avait été envoyé.

Son conseil, Me Michel Ahoumènou, a soutenu que son client avait lui-même porté ces éléments à la connaissance des enquêteurs. L’avocat a également fait valoir que l’officier était resté à la disposition de la justice pendant plusieurs mois avant son interpellation à la fin du mois de mai 2026.

À l’issue des débats, la CRIET a décidé du maintien en détention provisoire du prévenu. Le dossier a été renvoyé au 6 juillet 2026 pour la poursuite de l’examen de l’affaire. Selon les informations rapportées par l’envoyé spécial de Libre Express, cette prochaine audience devrait permettre à la juridiction de poursuivre l’analyse des éléments présentés par l’accusation et la défense dans ce dossier lié à la tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025.

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