La cérémonie de montée des couleurs organisée le lundi 3 août à la Cour suprême, à Porto-Novo, a été marquée par l’exécution de l’hymne national en langue dendi. Cette interprétation a été assurée par la chanteuse Amy-Mako, déjà remarquée pour la même prestation lors du défilé du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance à Cotonou, le 1er août.
Selon les informations communiquées par le quotidien de service public La Nation, cette initiative prolonge une pratique instaurée depuis plusieurs années consistant à faire interpréter « L’Aube Nouvelle » dans les langues nationales à chaque premier lundi du mois.
Une nouvelle langue à l’honneur
À l’origine de cette initiative, le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, qui a souhaité inviter Amy-Mako après sa prestation lors des festivités de l’indépendance. Jusqu’à présent, l’hymne était régulièrement chanté en fon au sein de l’institution, tandis que l’apprentissage d’autres langues nationales se poursuit.
Le magistrat a expliqué que cette démarche vise à encourager une plus grande place des langues béninoises dans les cérémonies officielles. Selon lui, il est souhaitable de « parler nos langues nationales » et de « chanter en langue nationale », afin de renforcer leur usage dans la vie publique.
L’indépendance associée à l’identité nationale
Profitant de cette cérémonie, Victor Dassi Adossou est revenu sur la portée de la célébration du 1er août 1960. Il a rappelé que l’indépendance ne se limite pas à un anniversaire institutionnel, mais renvoie aussi à la capacité des citoyens à construire leur avenir en s’appuyant sur leurs propres ressources.
Selon le président de la Cour suprême, « être indépendant, c’est penser par nous-mêmes ». Il a également évoqué la nécessité de promouvoir les productions nationales, les langues locales ainsi que les expressions culturelles béninoises.
Un rappel du rôle de la justice
Le discours a également porté sur les missions de la justice dans le fonctionnement de l’État. D’après Victor Dassi Adossou, le choix du Bénin en faveur de la démocratie pluraliste depuis la Conférence nationale des forces vives repose sur l’existence d’un État de droit soutenu par une justice indépendante et efficace.
Le président de la Cour suprême a estimé que les magistrats contribuent à la cohésion nationale en rendant des décisions conformes au droit. À ses yeux, « travailler pour le bien collectif » constitue l’une des traductions concrètes de l’indépendance.
Le dendi rejoint ainsi les langues déjà utilisées lors de cette cérémonie mensuelle. Le Bénin compte plus d’une cinquantaine de langues et variétés linguistiques parlées sur son territoire. Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics et certaines institutions multiplient les initiatives destinées à promouvoir ce patrimoine linguistique dans les espaces officiels, aux côtés du français, langue officielle du pays.



