Donouvossi Olivier ne sortira pas de prison en 2198 comme prévu par sa condamnation. Détenu depuis le 19 juin 1998 à Akpro-Missérété pour complicité de vol à main armée, il quitte sa cellule cette semaine après avoir bénéficié de la grâce présidentielle signée par Romuald Wadagni.
Une peine de 200 ans ramenée à 28 ans de détention effective
L’homme purgeait une sentence de 2 400 mois d’emprisonnement ferme, soit deux siècles derrière les barreaux. Sa date de libération théorique, fixée au 19 juin 2198, faisait de son dossier l’un des plus lourds recensés dans le système carcéral béninois. Il aura finalement passé 337 mois en détention, soit 28 ans et un mois, avant que le décret présidentiel ne mette fin à sa peine.
Son cas figure parmi les 369 dossiers traités dans le cadre de la première mesure de clémence accordée par le chef de l’État depuis son entrée en fonction. Le décret n°2026-546, signé le 31 juillet 2026, concerne des condamnés répartis dans plusieurs maisons d’arrêt et prisons civiles du pays, pour des infractions de nature très diverse.
Une procédure validée par le Conseil supérieur de la magistrature
La grâce a été délivrée après avis motivé du Conseil supérieur de la magistrature, chargé d’examiner chaque situation avant transmission au président. Le texte précise que la mesure porte exclusivement sur la peine privative de liberté restant à exécuter, sans effacer les condamnations prononcées par les tribunaux ni les obligations civiles et financières des bénéficiaires envers leurs victimes.
Le tribunal de première instance d’Abomey-Calavi totalise à lui seul 73 personnes graciées, devant celui d’Abomey, qui en compte 38, et celui de Cotonou, avec 36 bénéficiaires. Les tribunaux de Djougou et de Pobè suivent avec respectivement 30 et 26 dossiers, tandis que celui de Dassa-Zoumè ne compte qu’un seul détenu concerné. Deux juridictions spécialisées figurent également sur la liste : la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, avec dix condamnés graciés, et la Cour spéciale des affaires foncières, qui en compte deux.
Les libérations en cours depuis le 1er août
Les opérations de remise en liberté ont débuté le samedi 1er août, jour du 66e anniversaire de l’indépendance du Bénin. Le ministère de la Justice indique que le processus se déroule « progressivement, au fur et à mesure des formalités administratives », sans calendrier de fin annoncé.
Les autorités judiciaires ont renouvelé leur mise en garde contre des démarches frauduleuses visant les familles de détenus, certains individus se faisant passer pour des magistrats afin de réclamer de l’argent contre une inscription sur la liste des graciés. Le ministère rappelle qu’« aucun paiement ne peut être exigé » pour bénéficier de cette mesure, dont l’octroi relève de la seule prérogative du chef de l’État.


