En mai 2025, l’armée de l’air indienne a perdu au moins un Rafale lors des affrontements avec le Pakistan — abattu par un chasseur J-10C d’origine chinoise armé d’un missile PL-15. Cet épisode, confirmé par une source du renseignement français à CNN et par le chef d’état-major de l’armée de l’air française, le général Jérôme Bellanger, a brutalement exposé l’écart technologique entre New Delhi et une chaîne de combat sino-pakistanaise désormais éprouvée au combat. Depuis, l’Inde accélère sa réflexion sur l’acquisition d’un chasseur de cinquième génération.
Un vide capacitaire de près d’une décennie
L’armée de l’air indienne ne dispose d’aucun appareil furtif opérationnel. Son programme indigène, l’AMCA (Advanced Medium Combat Aircraft), développé par l’Agence de développement aéronautique (ADA) sous tutelle du DRDO, nécessitera encore huit à dix ans avant d’entrer en service. La Chine, elle, aligne déjà deux chasseurs de cinquième génération — le J-20 et le J-35 — et a promis de livrer ce dernier au Pakistan, dont la réception est attendue d’ici 2027 selon The Defense Post. Face à cette double menace, New Delhi examine deux options : le F-35 américain et le Soukhoï Su-57 russe.
Le Su-57 en tête, mais sous conditions
L’option russe semble aujourd’hui privilégiée. Selon GlobalSecurity.org, l’Inde envisagerait l’acquisition de deux escadrons de Su-57E livrés par la Russie, suivie d’une production sous licence sur le territoire indien — un schéma calqué sur celui du Su-30MKI, dont l’armée de l’air indienne exploite actuellement 270 appareils. Moscou avait dans un premier temps proposé ce chasseur dans le cadre d’un programme de co-développement, que New Delhi avait abandonné en 2018 en raison d’exigences de furtivité non satisfaites.
New Delhi conditionne toutefois tout accord au remplacement de composants clés de l’appareil — notamment son radar — par des systèmes de fabrication indienne, une exigence qui suscite des réserves au sein de l’establishment militaire russe. Le F-35 américain, proposé par Washington lors de la visite du Premier ministre Narendra Modi à la Maison-Blanche, a été écarté en février 2025 : l’Inde a signifié aux États-Unis qu’elle préférait des partenariats fondés sur la conception et la fabrication conjointes.
L’ADA a lancé en mai 2025 un appel à manifestation d’intérêt auprès de partenaires industriels pour le développement de l’AMCA. La sélection du motoriste, étape déterminante du programme, est attendue d’ici la fin de l’année.
