Comment le Mali a verrouillé le retour d'Air France jusqu'à sa fermeture totale

Air France a annoncé, le 15 juin 2026, la fermeture de sa représentation locale au Mali à compter du 30 juin. L’information figure dans une correspondance signée par la directrice pays de la compagnie, Awa Traoré Diakité, adressée aux agences de voyage et partenaires commerciaux établis à Bamako. Cette fermeture intervient après plus de deux ans de refus successifs des autorités maliennes d’autoriser la reprise des vols entre Paris et la capitale malienne.

Une demande de reprise rejetée par le gouvernement malien

Air France avait suspendu sa desserte de Bamako le 7 août 2023, invoquant la fermeture de l’espace aérien du Niger voisin après la prise du pouvoir par les militaires le 26 juillet. Il s’agissait de la deuxième suspension de la ligne depuis janvier 2022, date d’un premier arrêt des vols décidé dans le cadre des sanctions de la Cédéao contre la junte malienne. À l’expiration du délai annoncé en août 2023, Air France a sollicité les autorités maliennes pour reprendre ses rotations. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a annoncé le rejet de cette demande et l’annulation de l’autorisation d’exploitation d’Air France, précisant qu’Air France devrait déposer un nouveau dossier pour opérer sur le territoire malien. Le ministre a ajouté que le créneau laissé vacant serait redistribué à d’autres transporteurs intéressés par la destination.

Un accord de vol annulé en moins de 48 heures

Le 10 octobre 2023, Air France a annoncé la reprise de ses vols vers Bamako à partir du 13 octobre, au moyen d’un Boeing 777-200ER affrété auprès de la compagnie portugaise EuroAtlantic Airways. L’accord avait été signé par le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile du Mali, Drissa Koné. Le lendemain de cette annonce, Drissa Koné a été démis de ses fonctions et le ministère malien des Transports a fait savoir que le dossier était soumis à un nouvel examen, les vols restant suspendus dans l’intervalle. Selon Jeune Afrique, qui cite un responsable malien, la décision aurait été prise sans consultation de la hiérarchie. Air France a ensuite reporté la reprise jusqu’à nouvel ordre, faute de droits de trafic accordés par le gouvernement malien.

Des reports répétés jusqu’à la fermeture du bureau

Les calendriers d’exploitation publiés par ch-aviation montrent qu’un retour programmé pour septembre 2024 a été annulé, tout comme une reprise initialement fixée au 1er juillet 2025 puis repoussée à la mi-septembre de la même année. En décembre 2024, la directrice générale d’Air France, Anne Rigail, avait indiqué à Jeune Afrique que le Mali restait un marché important pour le groupe, la reprise demeurant conditionnée à l’autorisation des autorités locales. Selon le site d’information KOACI, l’absence prolongée d’Air France sur cette desserte aurait entraîné une perte de plus de 65 millions d’euros de revenus pour le groupe Air France-KLM. Un rapport de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile, publié en décembre 2025, recensait une seule liaison directe entre l’Europe et Bamako, opérée par Corsair, les autres compagnies desservant la capitale malienne via une escale dans un hub régional. Air France n’y figurait pas.

La fermeture de la représentation locale prend effet le 30 juin 2026. Selon la correspondance d’Awa Traoré Diakité, l’assistance aux agences de voyage et aux partenaires commerciaux sera désormais assurée à distance par le Help Desk AGV d’Air France.

3 réflexions au sujet de “Comment le Mali a verrouillé le retour d'Air France jusqu'à sa fermeture totale”

  1. C’est bien fait pour Air France. Ça leur apprendra que lorsque l’on a un accord avec des autorités en Afrique Noire, il faut un minimum de considération. On ne se lève pas pour prendre uni-sono des décisions qui ont trait avec les accords sans consulter les autorités. Le temps est révolu, où les entreprises françaises font en Afrique ce que bon leur semble à l’insu de ceux-là mêmes, les autorités, qui leur ont accordé accueil et séjour. Ce qui ne peut pas être fait à l’égard des autorités françaises ne doit pas non plus être fait à l’égard des autorités d’un État Africain. Pour que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le respect de leur souveraineté ne soient plus des déclarations pour la forme.

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    • Merci « Oligui NANGUAMA »

      Les maliens sont la communauté sud-saharienne la plus importante de France.

      Et en plus, cette diaspora vire par an, 700 milliards cfa au pays depuis la France

      Enfin…

      \\\\.///
      (@_@)

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