Bénin : L’exécutif de la commune de Lalo toujours incomplet

Alors que les communes béninoises célèbrent les 100 premiers jours de leurs dirigeants, celle de Lalo, dans le département du Couffo, offre un tout autre spectacle. En l’espace de quelques jours, l’hôtel de ville a vu défiler deux maires différents à la tête de son exécutif. Mais le feuilleton institutionnel est loin d’être clos. A ce jour, le poste de deuxième adjoint au maire reste vacant, tout comme la présidence d’une commission stratégique.

La décentralisation est censée rapprocher l’administration des citoyens et accélérer le développement local. À Lalo, la mise en place complète de l’exécutif communal se heurte toutefois à plusieurs difficultés. La commune a d’abord été installée sous l’égide du Bloc Républicain (BR) avec Georges Ekpé, avant qu’une décision de la Cour suprême ne vienne inverser le rapport de force en faveur de l‘Union Progressiste le Renouveau (UP-R). C’est ainsi que Pélagie Gowoui a pris les rênes de la mairie.

Seulement, si le poste de maire est désormais pourvu, l’exécutif communal n’est toujours pas complet. La désignation du deuxième adjoint au maire et le contrôle d’une commission clé sont jusqu’à présent bloqués pour des raisons inavouées. Lalo se retrouve ainsi gérée par un exécutif incomplet, amputé d’une partie de ses forces vives au moment même où les chantiers de développement (pistes rurales, assainissement, accès à l’eau) attendent d’être arbitrés.

Le débat sur les mécanismes de désignation relancé

La situation observée à Lalo remet sur la table la question des modalités de désignation des exécutifs communaux. Selon les défenseurs des réformes engagées ces dernières années, les nouvelles dispositions devaient renforcer la stabilité des conseils communaux, limiter les contestations post-électorales et mettre fin aux pratiques de marchandage politique qui entouraient parfois l’élection des maires et de leurs adjoints. Le système actuel accorde ainsi un rôle central aux partis politiques dans la désignation des responsables appelés à diriger les communes.

Dans la plupart des collectivités territoriales, ce mécanisme a permis l’installation des exécutifs locaux sans difficultés majeures. À Lalo toutefois, le maintien de postes vacants plusieurs semaines après l’installation du conseil communal montre que des situations particulières peuvent encore surgir.

Quelles leçons tirer du cas de Lalo ?

Au-delà de ses enjeux locaux, la situation observée à Lalo met en lumière les défis qui peuvent accompagner la mise en œuvre des réformes de la gouvernance territoriale. Si le nouveau dispositif a permis d’assurer une plus grande cohérence entre les majorités issues des urnes et les exécutifs communaux, le cas de cette commune montre que certaines difficultés peuvent subsister dans la constitution complète des organes de direction.

Cette situation pourrait alimenter les réflexions sur les mécanismes prévus pour gérer les blocages éventuels au sein des collectivités territoriales. Entre la volonté de renforcer la discipline partisane et celle de garantir le fonctionnement optimal des institutions locales, la recherche d’un équilibre demeure un enjeu important pour la décentralisation béninoise.

Laisser un commentaire