L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a pris position sur le dossier des démolitions survenues début juin au quartier Campement de Koumassi, à Abidjan. Le président du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) réclame un relogement d’urgence pour les familles sinistrées, deux semaines après la destruction de leurs habitations et après les prises de position de Charles Blé Goudé et de Simone Ehivet Gbagbo sur le même dossier.
Une prise de parole tardive sur un dossier sensible
Laurent Gbagbo s’exprime alors qu’une enquête de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG) est en cours sur les conditions dans lesquelles les démolitions ont été menées début juin au quartier Houphouët-Boigny, plus connu sous le nom de Campement. Ces opérations auraient été conduites par un particulier, Alloui Brou Jacques, sans les autorisations requises, selon les éléments communiqués par le Procureur de la République le 10 juin. L’intéressé, recherché pendant plusieurs jours, a depuis été arrêté. Le leader du PPA-CI demande la mise en place d’un dispositif d’hébergement provisoire pour les centaines de personnes restées sans toit.
Une enquête à plusieurs volets
La HABG concentre ses investigations sur d’éventuelles responsabilités d’agents publics, avec des soupçons portant sur des faits de corruption, d’abus de fonction ou de conflits d’intérêts dans la gestion de l’opération. Le Barreau de Côte d’Ivoire a annoncé de son côté un dispositif d’assistance juridique gratuite destiné aux victimes souhaitant engager des actions en réparation. L’arrestation d’Alloui Brou Jacques marque une nouvelle étape dans cette procédure, qui devra établir les conditions exactes de la démolition et les responsabilités éventuelles d’autres acteurs.
Sur le terrain, la municipalité de Koumassi a engagé plusieurs mesures d’accompagnement, dont l’évacuation des gravats et la prise en charge de cautions de logement pour les familles les plus vulnérables. Cinquante-quatre élèves issus des foyers déguerpis ont également reçu une aide financière de 25 000 francs CFA pour leurs frais de transport durant les épreuves du Baccalauréat 2026, qui se déroule cette semaine.
Des soutiens politiques convergents
L’intervention de Laurent Gbagbo fait écho à celle de Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), qui avait annoncé avoir mandaté un avocat pour accompagner les victimes dans une démarche visant réparation morale et indemnisation financière. Simone Ehivet Gbagbo, à travers le Mouvement des générations capables (MGC), avait formulé huit demandes concrètes, parmi lesquelles un recensement transparent des sinistrés, la mise à disposition de sites d’hébergement temporaires décents et une aide financière d’urgence pour les ménages touchés.
Ce dossier s’ajoute à une série de déguerpissements récents dans le district d’Abidjan, qui ont également touché les quartiers de Vridi 3 et de Cocody depuis 2024. Ahoua Don Mello avait pour sa part réclamé début juin un moratoire immédiat sur les opérations en cours pendant la période des grandes pluies et des examens scolaires.
L’enquête de la HABG sur les responsabilités administratives et institutionnelles doit se poursuivre dans les prochaines semaines, tandis que la procédure judiciaire visant Alloui Brou Jacques entre dans sa phase d’instruction.


