Ebola : un financement international de 446 millions € annoncé pour la riposte

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont annoncé, vendredi 5 juin, le lancement d’un plan d’urgence de 518 millions de dollars, soit environ 446 millions d’euros, pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et prévenir son extension aux pays voisins. Cette stratégie doit être déployée entre juin et novembre, quelques semaines après la déclaration officielle de l’épidémie dans le nord-est de la RDC, le 15 mai.

L’initiative vise à coordonner les efforts sanitaires dans une région où les déplacements transfrontaliers sont fréquents et où les autorités redoutent l’apparition de nouveaux foyers de contamination.

Une riposte concentrée sur la surveillance et les soins

Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le programme prévoit le renforcement de plusieurs dispositifs essentiels : la coordination des opérations d’urgence, la surveillance épidémiologique, les analyses en laboratoire, la prévention des infections, la prise en charge des patients ainsi que les actions de sensibilisation auprès des populations. « C’est un plan concret. Il définit ce que nous devons faire dès maintenant, ensemble, pour contenir l’épidémie actuelle et réduire le risque de propagation », a déclaré le responsable de l’OMS lors d’une conférence de presse.

Les fonds mobilisés doivent permettre aux autorités sanitaires nationales, aux agences internationales et aux partenaires humanitaires de disposer des ressources nécessaires pour intervenir rapidement dans les zones touchées et renforcer les capacités de détection dans les régions exposées.

Une maladie grave mais moins contagieuse que les infections respiratoires

Si Ebola figure parmi les maladies les plus meurtrières, sa transmission repose principalement sur le contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée ou décédée. Contrairement à des virus respiratoires comme la rougeole ou la Covid-19, les personnes contaminées ne transmettent généralement pas le virus avant l’apparition des symptômes.

Selon l’OMS, la période d’incubation peut varier de deux à vingt-et-un jours. Le taux de létalité moyen observé lors des différentes flambées épidémiques avoisine 50 %, même si ce niveau a fortement varié selon les épisodes et les capacités de prise en charge médicale.

Les autorités sanitaires internationales considèrent toutefois que la rapidité de détection et l’isolement des cas demeurent déterminants. Dans les zones où les systèmes de santé sont fragiles ou où les mouvements de population sont importants, plusieurs chaînes de transmission peuvent se développer simultanément en quelques semaines.

Une stratégie régionale jusqu’en novembre

L’OMS et Africa CDC ont indiqué que leur plan ne se limite pas au territoire congolais. Les pays frontaliers sont également concernés par les dispositifs de surveillance et de préparation afin d’anticiper une éventuelle propagation du virus au-delà des frontières de la RDC. La mise en œuvre de cette stratégie régionale doit se poursuivre jusqu’en novembre, période à laquelle les deux organisations prévoient d’évaluer les résultats obtenus et l’évolution de l’épidémie.

Laisser un commentaire