Le président américain Donald Trump a critiqué samedi l’Italie sur le réseau social Truth Social, lui reprochant son manque de soutien militaire dans le conflit contre l’Iran. Cette nouvelle sortie intervient quelques jours après une dispute publique avec la présidente du Conseil italienne Giorgia Meloni, déclenchée par une polémique autour d’une photographie prise lors du sommet du G7 en France.
Trump dénonce le coût de la défense de l’Italie au sein de l’OTAN
Dans son message, Donald Trump affirme que les États-Unis ont dépensé « des trillions de dollars » pour l’OTAN et pour la défense de l’Italie au fil des décennies, sans que le pays ne se montre disposé à intervenir face à ce qu’il qualifie de menace nucléaire iranienne. Il reproche à Rome de ne pas avoir répondu présent au moment où Washington estimait avoir besoin d’un appui, alors que les États-Unis assurent depuis longtemps, selon lui, la protection du territoire italien dans le cadre de l’Alliance atlantique.
Cette critique fait écho à un point de friction documenté depuis le mois de mars : l’Italie avait alors refusé d’autoriser l’usage d’une base militaire en Sicile pour des bombardiers américains en direction du Moyen-Orient, une décision liée à des contraintes constitutionnelles imposant un accord du Parlement pour toute opération offensive. Giorgia Meloni a depuis maintenu que l’utilisation de bases italiennes à des fins offensives nécessiterait systématiquement l’aval des chambres.
Une dispute née d’une photo au sommet du G7
L’attaque de Donald Trump contre l’Italie est la continuité d’un différend personnel avec Giorgia Meloni, né d’une interview accordée à la chaîne italienne La7. Le président américain y aurait affirmé que la dirigeante italienne l’avait supplié à plusieurs reprises de poser pour une photographie lors du sommet du G7, organisé à Évian-les-Bains du 16 au 17 juin. La traduction italienne diffusée par la chaîne n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante par les médias américains, l’enregistrement original en anglais n’ayant pas été rendu public.
Giorgia Meloni a qualifié ces propos de « complètement fabriqués » dans une vidéo publiée sur X, précisant que ni elle ni l’Italie n’avaient l’habitude de quémander quoi que ce soit. Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a réagi en annulant un déplacement prévu aux États-Unis les 21 et 22 juin, dénonçant des propos « graves et offensants » envers l’ensemble du pays. Une conférence économique bilatérale prévue à Miami, qui devait réunir Antonio Tajani et le secrétaire d’État américain Marco Rubio, a également été annulée par le département d’État.
Une relation transatlantique fragilisée depuis plusieurs mois
Le différend autour de la photographie a relancé une tension plus ancienne entre les deux dirigeants. En avril, Giorgia Meloni avait already jugé « inacceptables » les critiques formulées par Donald Trump contre le pape Léon XIV, après que ce dernier s’était opposé à l’intervention militaire américaine en Iran. Considérée jusqu’alors comme l’une des alliées européennes les plus proches du président américain, au point d’avoir été la seule dirigeante de l’Union européenne présente lors de son investiture en janvier 2025, Giorgia Meloni a depuis pris ses distances sur le dossier iranien, sous la pression d’une partie de l’opinion italienne hostile à un engagement militaire dans la région.
Donald Trump doit recevoir le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte à la Maison Blanche mercredi, avant un sommet de l’Alliance prévu en juillet à Ankara, en Turquie. Les tensions entre Washington et Rome devraient y rester un sujet sensible, alors que la question du partage des coûts de défense entre alliés figure de nouveau parmi les priorités affichées par l’administration américaine.



