Iran : l'urgence de Trump à conclure un accord, entre économie et mi-mandat

Le président américain Donald Trump a signé cette semaine un protocole d’accord avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian, visant à mettre fin à la guerre qui oppose les deux pays depuis fin février 2026. La chaîne CNN a rapporté, en citant des sources au sein de l’administration américaine, que le locataire de la Maison Blanche cherchait à accélérer cette issue diplomatique pour limiter les retombées économiques et politiques du conflit avant les élections de mi-mandat prévues en novembre.

Une approbation tombée à un niveau historiquement bas

Le sondage Reuters/Ipsos publié cette semaine a confirmé l’ampleur du problème pour la Maison Blanche. Selon cette enquête, le taux d’approbation de Trump sur sa gestion de l’économie a chuté à 29%, son plus bas niveau depuis son retour au pouvoir. Ce chiffre se situe désormais sous celui jamais atteint par son prédécesseur Joe Biden, qui avait lui-même touché un plancher de 32% sur ce même indicateur.

L’institut Reuters/Ipsos a également mesuré l’évolution du solde d’opinion sur le coût de la vie : celui-ci serait passé de moins 31 points avant le déclenchement du conflit à moins 41 points actuellement. Cette dégradation coïncide avec la flambée des prix du carburant, conséquence directe de la fermeture partielle du détroit d’Ormuz, voie de passage stratégique pour environ 20% de l’approvisionnement mondial en pétrole avant la guerre.

D’après les données de S&P Global Energy, plus de 1,2 milliard de barils de pétrole auraient été détournés ou retardés depuis le début des hostilités. Le cours du Brent, qui avait atteint un pic au-delà de 110 dollars le baril en pleine escalade militaire, est retombé à 79,53 dollars cette semaine, tandis que le baril de référence américain WTI s’établissait à 76,55 dollars, selon des données de marché relayées par The Hill.

Un accord encore incomplet sur le plan technique

Le protocole signé mercredi ne constituerait, selon plusieurs médias américains dont NBC, qu’un cadre général, la majorité des points techniques restant à négocier lors de pourparlers ultérieurs. Cette situation contraste avec l’accord nucléaire de 2015 négocié par l’administration Obama, qui avait fait l’objet de deux années de discussions détaillées avant sa signature.

Le directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche, Kevin Hassett, a indiqué sur la chaîne ABC que la réouverture complète du détroit d’Ormuz pourrait prendre jusqu’à deux mois, le temps que les raffineries reprennent leur production après l’arrêt de plusieurs sites pendant le conflit. « Il y a beaucoup de pression sur l’Iran pour qu’il accepte enfin les conditions du président », a-t-il déclaré dans cet entretien. Le prix moyen de l’essence aux États-Unis s’élevait à 3,99 dollars le gallon jeudi, selon l’American Automobile Association, en baisse par rapport aux sommets atteints pendant la guerre mais encore supérieur aux niveaux d’avant-conflit.

Des républicains divisés sur la portée politique de l’accord

Au sein du Parti républicain, les réactions à l’accord restent partagées. Plusieurs élus, dont certains à la Chambre des représentants, auraient exprimé des doutes sur les concessions accordées à Téhéran lors des négociations, selon des informations relayées par CNN. À l’inverse, un responsable républicain cité par The Hill a fait état d’un sentiment de soulagement au sein du parti, la baisse des prix de l’essence étant perçue comme un signal positif à l’approche de la campagne électorale.

Les démocrates devraient pour leur part faire de la guerre un axe de critique durant la campagne des mi-mandats, en la qualifiant de conflit non nécessaire n’ayant pas atteint les objectifs fixés par Washington. Le calendrier électoral fixé au 3 novembre 2026 laisse à l’administration américaine plusieurs mois pour tenter de stabiliser la situation économique avant que les électeurs ne se rendent aux urnes.

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