Iran : Trump aurait confronté Hegseth sur la pénurie de munitions, selon le Washington Post

Les stocks américains de missiles longue portée et d’intercepteurs antiaériens seraient au plus bas après plus de cinq mois d’engagement contre l’Iran. Cette pénurie aurait déclenché un accrochage entre Donald Trump et son secrétaire à la Défense Pete Hegseth, vendredi dernier, en marge d’une réunion de cabinet à Camp David, selon le Washington Post.

Une explication exigée en marge du cabinet

Le président américain aurait demandé des comptes à Hegseth, convaincu que le problème des munitions « avait été réglé », selon deux sources proches du dossier citées par le quotidien. L’échange serait intervenu alors que les stocks de missiles guidés longue portée et de systèmes de défense antimissile, dont les Patriot et THAAD, auraient fortement diminué depuis le début des hostilités. Ce manque expliquerait en partie le ralentissement des frappes américaines de grande ampleur contre Téhéran ces derniers jours, selon une source du journal.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

Face à cette mise en cause, le chef du Pentagone aurait rejeté la responsabilité sur son adjoint, Stephen Feinberg, l’accusant de ne pas l’avoir pleinement informé de l’ampleur du problème. Feinberg aurait ensuite reçu un appel tendu de Trump vendredi soir, avant de convoquer en urgence une réunion avec l’état-major du Pentagone dans la nuit, selon des informations de NBC News reprises par plusieurs médias américains.

Un stock d’ATACMS fortement réduit

Les munitions Army Tactical Missile Systems, également utilisées par l’Ukraine dans son conflit contre la Russie, seraient tombées à un niveau critique, selon le Jerusalem Post. Cette tension sur les approvisionnements dépasserait le seul théâtre iranien : le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pointé le manque d’intercepteurs américains comme facteur aggravant des frappes russes sur Kiev.

Un avertissement antérieur au conflit aurait pourtant existé. Le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, aurait prévenu Trump avant le déclenchement des opérations que les stocks américains ne permettraient pas de soutenir un conflit prolongé, selon plusieurs sources concordantes.

La Maison Blanche dément fermement

La porte-parole de la présidence, Karoline Leavitt, a rejeté catégoriquement le récit du Washington Post. « C’est totalement faux, cela ne s’est littéralement jamais produit », a-t-elle déclaré, affirmant que le président « a une confiance totale » en son secrétaire à la Défense. Trump a contesté l’idée d’une pénurie critique, assurant sur son réseau Truth Social que les industriels de défense construisent actuellement « le plus grand nombre d’usines de l’histoire du pays ».

Devant une commission sénatoriale en juillet, Hegseth avait chiffré à 37,5 milliards de dollars le coût des opérations militaires américaines contre l’Iran, et réclamé 67 milliards supplémentaires au Congrès pour reconstituer les stocks, imputant les manques actuels à l’administration précédente. Selon les données du Stockholm International Peace Research Institute, les dépenses militaires américaines ont dépassé 900 milliards de dollars en 2024, un niveau qui n’empêcherait pas des tensions d’approvisionnement en pleine campagne militaire active.

Laisser un commentaire