Iran : Obama doute que l'accord de Trump soit meilleur que le sien

L’ancien président américain Barack Obama a exprimé son scepticisme, vendredi 13 juin 2026, quant à la valeur du nouvel accord entre Washington et Téhéran, dans une interview accordée à ABC News depuis le Obama Presidential Center de Chicago.

Enregistré la veille de l’annonce officielle d’un accord préliminaire entre les États-Unis et l’Iran, l’entretien diffusé sur le programme Good Morning America place Obama dans une posture rare : celle d’un ancien chef d’État commentant publiquement une négociation conduite par son successeur, sur un dossier qu’il avait lui-même porté.

Un accord jugé peu susceptible de dépasser le JCPOA

Obama a déclaré qu’il était peu probable que tout nouvel accord soit « significativement différent ou une amélioration significative » du traité qu’il avait conclu en 2015 avec l’Iran et les puissances du P5+1. Le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) imposait alors à Téhéran un plafonnement de l’enrichissement d’uranium et l’accès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) aux sites nucléaires iraniens, en échange d’une levée partielle des sanctions.

Donald Trump avait rompu unilatéralement avec cet accord en 2018, le qualifiant de « pire accord jamais négocié ». L’Iran, libéré de ses engagements, avait repris et intensifié ses activités d’enrichissement. L’AIEA a depuis documenté une progression du stock d’uranium hautement enrichi iranien, avec des taux atteignant 60 %, proches du seuil militaire.

La diplomatie contre la force

Sans nommer directement l’administration Trump, Obama a défendu l’approche diplomatique face au recours à la force militaire. Il a estimé que des accords résolvant « 80 à 90 % du problème » valent mieux qu’une guerre, ajoutant : « On croirait que nous aurions appris cette leçon, mais il semble que nous devions la réapprendre de temps en temps. »

Trump a répondu le même jour sur Truth Social en affirmant que son accord constitue « un mur » contre la nucléarisation de l’Iran, à l’opposé de ce qu’il décrit comme l’accord Obama — qu’il qualifie de « voie vers l’arme nucléaire ».

L’accord signé dimanche 14 juin prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz et la fin du blocus naval américain. Ses modalités précises concernant le programme nucléaire iranien n’ont pas encore été rendues publiques. L’interview complète de Barack Obama doit être diffusée mercredi 17 juin sur ABC News.

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