La Chambre des représentants des États-Unis a adopté mardi un texte budgétaire prévoyant près de 70 milliards de dollars pour les opérations de contrôle migratoire. Le projet, déjà approuvé par le Sénat la semaine précédente, doit désormais être transmis à la Maison-Blanche pour promulgation par le président Donald Trump.
Ce financement, réparti sur trois ans, prévoit environ 38 milliards de dollars pour l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence chargée notamment des arrestations et expulsions de migrants en situation irrégulière. La Customs and Border Protection (CBP), responsable de la surveillance des frontières américaines, doit recevoir près de 26 milliards de dollars. Une enveloppe supplémentaire d’environ 5 milliards de dollars est également prévue pour faire face à d’éventuels besoins imprévus.
Des moyens renforcés pour les expulsions
L’adoption de ce texte conforte l’une des principales orientations du second mandat de Donald Trump. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a multiplié les mesures visant à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine, avec pour objectif affiché d’accélérer les expulsions et de durcir les contrôles aux frontières.
Les nouveaux crédits viennent s’ajouter à des financements déjà accordés ces derniers mois aux agences fédérales chargées de l’application de la politique migratoire. L’administration fait toutefois face aux critiques d’une partie de sa base politique, qui estime que les objectifs fixés en matière d’expulsions n’ont pas encore été atteints.
Tom Homan, chargé de superviser la stratégie gouvernementale dans ce domaine, a indiqué mardi que les opérations seraient intensifiées dans plusieurs grandes villes américaines, dont New York.
Les demandes des démocrates écartées
Le vote intervient après plusieurs mois de débats autour des méthodes employées par l’ICE et la CBP. Les élus démocrates réclamaient notamment davantage de mécanismes de contrôle sur les interventions des agents fédéraux.
Parmi les mesures proposées figurait l’obligation du port systématique de caméras-piétons lors des opérations menées par l’ICE. Ces dispositions ne figurent finalement pas dans la version adoptée par le Congrès. Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, a critiqué le texte, estimant que « les dollars des contribuables doivent servir à rendre la vie plus abordable pour les Américains ».
Un texte recentré sur les dépenses migratoires
Certaines demandes formulées par Donald Trump lors des discussions budgétaires n’ont pas été retenues. Le projet adopté ne comprend notamment pas le milliard de dollars que le président souhaitait consacrer à la construction d’une salle de bal à la Maison-Blanche.
À l’issue du vote, le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a salué un texte qui garantit selon lui le financement de l’ICE et de la CBP pour les prochaines années. La dernière étape de la procédure consiste désormais en la signature présidentielle, qui permettra l’entrée en vigueur de ces nouveaux crédits fédéraux.
