La visite à Koulouba du ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, ce lundi 15 juin 2026, n’est pas un acte diplomatique ordinaire. Porteur d’un message écrit du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à destination du général Assimi Goïta, le chef de la défense mauritanienne n’a pas livré le contenu de cette correspondance à la presse. Mais le choix du messager, lui, dit beaucoup.
Un canal inhabituel, un signal assumé
Envoyer un ministre de la Défense plutôt qu’un chef de la diplomatie pour transmettre un message présidentiel relève d’un calcul précis. Ce n’est pas la première fois que Nouakchott emprunte ce canal atypique avec Bamako. En avril 2024, déjà, c’est Hanana Ould Sidi qui avait été dépêché à Koulouba dans un contexte de crise aiguë, après qu’un raid impliquant l’armée malienne et les forces du groupe paramilitaire russe Wagner avait blessé des civils mauritaniens, provoquant le rappel de l’ambassadeur malien à Nouakchott. À l’époque, le recours au ministre de la Défense visait à dépolitiser le message, à le faire descendre d’un cran protocolaire pour éviter l’escalade tout en maintenant une ligne de communication directe entre les deux exécutifs.
Le choix du même émissaire, deux ans plus tard, traduit la même logique : parler sécurité à des interlocuteurs militaires, sans passer par la voie diplomatique formelle qui suppose des positions publiques et des engagements difficiles à tenir.
Des frictions accumulées depuis 2022
Les deux pays accumulent les contentieux depuis plusieurs années. Depuis 2022, les relations entre Bamako et Nouakchott se sont détériorées, faisant passer ce qui était autrefois une coopération régionale à une relation marquée par la méfiance et les gestes hostiles. Les griefs sont multiples : expulsions de migrants maliens depuis la Mauritanie, fermetures administratives de commerces mauritaniens au Mali, et, en mars 2026, un nouvel incident militaire qui a failli faire déraper les relations.
L’état-major malien avait affirmé que deux de ses soldats, détenus par des groupes djihadistes, avaient réussi à s’échapper d’un camp de réfugiés situé en territoire mauritanien. Nouakchott avait fermement démenti, qualifiant ces allégations de « totalement infondées » et « profondément offensantes », dénonçant une déclaration formulée sans preuve et en dehors des canaux diplomatiques. Le camp de M’Berra, visé implicitement, abrite depuis trois décennies des dizaines de milliers de réfugiés maliens sous supervision du HCR — le mettre en cause revenait, aux yeux mauritaniens, à une atteinte directe à la souveraineté du pays.
Des tentatives de décrispation répétées
Face à ces tensions, les deux capitales ont multiplié les initiatives pour éviter la rupture. En octobre 2025, Assimi Goïta avait reçu à Bamako le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, porteur d’un message de Ghazouani, et les deux parties avaient alors convenu de relancer leur grande commission mixte bilatérale. Un engagement qui n’a pas suffi à empêcher la crise de mars 2026.
La visite du 15 juin s’insère dans cette séquence de décrispation prudente. À sa sortie d’audience, Hanana Ould Sidi a mis en avant la profondeur des liens d’amitié et de solidarité unissant les deux peuples, tandis qu’Assimi Goïta a réaffirmé l’engagement commun à approfondir la coopération bilatérale au service de la paix, de la sécurité et du développement régional. Des formules convenues, certes, mais qui témoignent de la volonté des deux parties de ne pas laisser les frictions récentes se durcir.
Deux pays condamnés à s’entendre
Derrière la diplomatie du message écrit se profile une réalité géographique et sécuritaire incontournable. Mali et Mauritanie partagent une longue frontière poreuse, traversée par des flux de populations, de marchandises et, de plus en plus, par des groupes armés. La forêt du Wagadou, théâtre de plusieurs incidents récents, constitue une zone de friction commune que ni Bamako ni Nouakchott ne peut gérer seul.
La Mauritanie, qui n’a pas rejoint l’Alliance des États du Sahel, maintient une posture de dialogue là où le Mali a opté pour la rupture avec ses anciens partenaires occidentaux. Cette divergence de trajectoire complique les relations, mais crée aussi une nécessité de contact : Nouakchott a besoin d’interlocuteurs à Bamako pour sécuriser ses propres marges, et Bamako ne peut ignorer son voisin du nord sans se couper d’un accès stratégique. C’est dans cet espace contraint que s’impose la visite discrète, mais lourde de sens, du ministre Hanana Ould Sidi.




arrêter de dire que le Mali a opté pour une rupture avec les occidentaux, franchement,
Le Mali a dit qu’il ne veut plus du partenariat militaire Français, les français ont pris leurs clics et clacs a savoir les occidentaux en pensant que le Mali allait sombré.
c’est pareil au Niger, personne n’a dit aux officiels occidentaux de partir ni les compagnies aériennes d’ailleurs