Mondial 2026 : voici pourquoi le Canada a refoulé le ghanéen Thomas Partey

Le milieu de terrain Thomas Partey ne disputera pas le match d’ouverture du Ghana face au Panama, mercredi, à Toronto, après le refus de sa demande de visa par les autorités canadiennes. La Cour fédérale du Canada a rejeté mardi le recours déposé par la fédération ghanéenne pour obtenir son entrée sur le territoire avant cette rencontre du Mondial 2026.

Une fausse déclaration sur son passé judiciaire

Selon les documents judiciaires examinés par le tribunal, le formulaire d’entrée du joueur n’a pas été rempli par lui-même mais par un responsable de la Fédération ghanéenne de football, qui y a indiqué que Partey n’avait jamais été arrêté ni inculpé. Cette mention s’est révélée inexacte : le joueur fait l’objet de poursuites engagées par la Police métropolitaine de Londres. La loi canadienne sur l’immigration prévoit qu’une déclaration erronée dans une demande d’entrée peut entraîner une interdiction de territoire allant jusqu’à cinq ans, indépendamment de l’issue judiciaire des accusations en cause.

Une procédure ouverte depuis 2022 au Royaume-Uni

Les poursuites visant Partey remontent à une enquête ouverte en 2022, à la suite d’un signalement de viol. Le joueur, alors sous contrat avec Arsenal, avait été arrêté en juillet de cette année-là, puis entendu sous caution en 2023 et en 2024 dans le cadre d’autres signalements. En juillet 2025, peu après l’expiration de son contrat londonien, il a été inculpé de cinq chefs de viol et d’un chef d’agression sexuelle ; deux chefs supplémentaires ont été ajoutés en février 2026. Désormais sous contrat avec le club espagnol Villarreal, il a plaidé non coupable à l’ensemble des charges et reste en liberté sous caution, avec interdiction d’entrer en contact avec les plaignantes. Son procès, initialement prévu en novembre 2026 devant la Southwark Crown Court, a été reporté au 8 juin 2027. « Je n’ai été reconnu coupable d’aucune infraction. J’ai plaidé non coupable, et je demeure présumé innocent », a déclaré le joueur.

Une protestation diplomatique restée sans effet

Le refus d’entrée, confirmé vendredi par la FIFA, avait immédiatement suscité une réaction du gouvernement ghanéen. Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a jugé la décision arbitraire et profondément injuste, et adressé, le 11 juin, une note officielle de protestation à Affaires mondiales Canada, réclamant un réexamen du dossier. De son côté, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a indiqué que chaque demande d’entrée est évaluée individuellement, sans lien avec la tenue du Mondial sur le sol canadien. La saisine de la Cour fédérale, déposée en dernier recours, n’a pas permis d’inverser la décision avant le coup d’envoi du match contre le Panama.

Privé de cette première rencontre, Partey reste éligible pour les deux prochaines journées de groupe du Ghana, programmées aux États-Unis : face à l’Angleterre le 23 juin à Boston, puis contre la Croatie le 27 juin à Philadelphie.

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