Les critiques contre Gianni Infantino se multiplient depuis le début du Mondial 2026, entre polémiques arbitrales, décisions contestées et projets financiers jugés opaques. Plusieurs voix du football européen, dont celle de Javier Tebas, dénoncent une gouvernance de plus en plus décriée à la tête de la FIFA. Dernier épisode en date : le président de LaLiga a qualifié de « pathétique » un message publié par Infantino sur Instagram, dimanche.
Un message d’Infantino qui attise les tensions
Dans un texte de près de 900 mots publié sur ses réseaux sociaux, Infantino a demandé à ceux qui « consacrent leur temps et leur énergie à nous haïr » de « méditer, prier, ou tout simplement regarder un match de football ». Il a vanté un tournoi célébrant « l’humanité sous son meilleur jour », évoquant « zéro incident, zéro hostilité, zéro violence » dans les seize stades du Mondial.
Tebas a répliqué sans détour sur X : « La transparence, la bonne gouvernance et la reddition de comptes ne sont jamais de la haine ; ce sont une obligation. » Il avait déjà réclamé, la semaine précédente, la démission d’Infantino dans un entretien à La Gazzetta dello Sport, dénonçant un projet de Mondial à 64 équipes qui, selon lui, « détruit l’industrie du foot« . Cette sortie de Tebas intervient au lendemain d’une annonce distincte : la FIFA envisagerait de céder jusqu’à 20 % du capital d’une nouvelle filiale, évaluée à 20 milliards de dollars, chargée de gérer le Mondial et ses autres compétitions.
Cette annonce a provoqué une réaction bien plus virulente encore, celle de l’UEFA. Dans un communiqué publié quelques heures après la révélation du projet par le quotidien britannique The Times, l’instance présidée par Aleksander Ceferin a estimé que cette initiative « franchit une ligne que les instances dirigeantes du football ne devraient jamais franchir« . Le texte affirme que « l’essence du football et sa gouvernance ne sont pas une marchandise que l’on vend et que l’on achète », appelant l’ensemble des fédérations, ligues, clubs et supporters à suivre son exemple. Selon les informations rapportées, ce nouveau montage financier générerait plusieurs dizaines de millions de livres au bénéfice personnel d’Infantino, qui pourrait prendre la présidence de cette structure une fois son mandat à la FIFA achevé en 2031.
Une accumulation de polémiques depuis le coup d’envoi
Le tournoi organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada avait déjà connu son lot de controverses avant même son coup d’envoi. L’arbitre somalien Omar Artan, désigné meilleur arbitre africain 2025, s’est vu refuser l’entrée sur le sol américain malgré un visa en règle, l’empêchant d’officier sur la compétition. La FIFA a précisé ne pas intervenir dans les procédures d’immigration du pays organisateur.
En cours de tournoi, l’annulation du carton rouge infligé au défenseur américain Folarin Balogun, décidée par une commission d’appel interne, lui a permis de disputer le quart de finale face à la Belgique — une décision perçue par plusieurs observateurs comme un traitement favorable à l’équipe hôte. L’arbitrage de François Letexier lors du choc entre l’Argentine et l’Égypte a également suscité la controverse, l’arbitre français étant accusé d’avoir avantagé l’Albiceleste.
Une enquête aurait été ouverte sur des soupçons de matchs truqués durant la compétition, tandis qu’une pétition réclamant l’exclusion de l’Argentine du prochain Mondial aurait recueilli 23 millions de signatures après la finale.
Un climat de défiance grandissant
Ce Mondial 2026, premier à réunir 48 équipes, constitue un tournant pour la présidence d’Infantino, réélu sans opposition en mars pour un nouveau mandat courant jusqu’en 2031. À titre de comparaison, l’édition 2022 au Qatar, disputée à 32 équipes, avait déjà cristallisé des critiques sur la gouvernance de l’instance, sans toutefois atteindre une telle accumulation de dossiers distincts en si peu de semaines.



