Le Front patriotique de libération (FPL), mouvement rebelle nigérien, a annoncé lundi 22 juin 2026 la libération de son chef, Mahmoud Sallah, détenu en Libye depuis plus d’un an par l’armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar.
Une détention de seize mois sans remise aux autorités nigériennes
Mahmoud Sallah avait été arrêté le 23 février 2025 à Gatrun, dans le sud de la Libye, par les forces de l’ANL, qui l’accusaient de mener des actions armées contre le pouvoir militaire en place à Niamey. Dans son communiqué, le FPL adresse ses remerciements au commandant adjoint des forces armées arabes libyennes, le général de corps d’armée Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar. Le mouvement précise que quatorze autres combattants restent détenus en Libye et réclame leur libération. Mahmoud Sallah n’a pas été remis aux autorités du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui dirige le Niger depuis le coup d’État du 26 juillet 2023. Les conditions exactes de sa sortie de détention n’ont pas été précisées, et aucune confirmation officielle n’a émané, à ce stade, du camp de Khalifa Haftar.
Un geste qui suit un rapprochement entre Niamey et Tripoli
Cette libération survient quelques jours après un séjour à Tripoli du Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine, à la tête d’une délégation officielle. Niamey a, dans le même mouvement, renvoyé vers la Libye une vingtaine de ressortissants libyens arrêtés dans la région de Zinder et détenus au Niger depuis près d’un an. Parmi eux figure Barhadine Medoun Refi, originaire du sud libyen et membre de la tribu des Ouled Souleyman, la même que celle de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, désormais rallié à des personnalités proches de Tripoli. Ces deux mouvements quasi simultanés pourraient être liés, sans qu’aucun accord direct entre les gouvernements nigérien et libyen n’ait été confirmé à ce jour.
Le pipeline Niger-Bénin, cible récurrente du mouvement
Né après le coup d’État de juillet 2023, le FPL revendique depuis 2024 plusieurs attaques contre le pipeline reliant les champs pétroliers nigériens au port de Sèmè-Kpodji, au Bénin. Le mouvement conditionne tout retour au calme à la libération de Mohamed Bazoum, qu’il considère toujours comme le président légitime du Niger. Le sort des quatorze autres membres du FPL toujours détenus en Libye reste, à ce jour, sans réponse des autorités de l’Est libyen.


