Téhéran a accusé jeudi l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) d’avoir soutenu l’opération militaire américaine contre l’Iran et a directement mis en cause l’Italie et la Roumanie. La réaction des autorités iraniennes intervient après des déclarations du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, sur l’utilisation de bases européennes par les forces américaines lors de l’opération baptisée « Epic Fury ».
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a affirmé que le chef de l’OTAN avait lui-même désigné ces deux pays comme ayant participé à l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Selon lui, Rome et Bucarest doivent désormais répondre de leur rôle « à leur propre population et au monde entier ».
Téhéran s’appuie sur les déclarations de Mark Rutte
Les accusations iraniennes font suite à une interview accordée par Mark Rutte à Fox News. Au cours de cet entretien, le secrétaire général de l’OTAN a indiqué que des centaines d’appareils américains avaient décollé de bases situées en Italie afin de soutenir l’opération américaine contre l’Iran. Ces propos ont été interprétés par Téhéran comme une reconnaissance d’une implication de certains alliés européens dans cette campagne militaire.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne a également dénoncé ce qu’il qualifie de « guerre d’agression illégale » menée contre son pays par les États-Unis et Israël, accusant l’Alliance atlantique d’en être complice.
Rome réfute toute participation aux opérations de combat
Le gouvernement italien a rapidement pris ses distances avec les déclarations de Mark Rutte. Selon le ministère italien de la Défense, les propos du secrétaire général de l’OTAN donnent une image erronée du rôle joué par Rome.
Les autorités italiennes affirment avoir uniquement autorisé l’utilisation de leurs infrastructures à des fins techniques et logistiques, conformément aux accords en vigueur avec les États-Unis. Elles assurent qu’aucune autorisation n’a été donnée pour mener des missions de combat contre l’Iran depuis le territoire italien.
Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a lui aussi contesté les déclarations de Mark Rutte, estimant qu’elles étaient « complètement trompeuses » au sujet de l’implication italienne.
Une polémique qui met l’OTAN sous pression
Cette controverse intervient alors que les tensions restent élevées entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés après les frappes américaines menées contre des installations iraniennes. Les déclarations du secrétaire général de l’OTAN ont ravivé les interrogations sur le soutien apporté par certains États membres aux opérations américaines.
À ce stade, l’Italie est le seul pays directement cité par Téhéran à avoir officiellement rejeté les accusations, en maintenant que son soutien s’est limité à un appui logistique et technique, sans participation à des actions militaires offensives.
