Les ressortissants de trente pays africains devront verser une caution avant d’obtenir un visa américain de tourisme ou d’affaires. Cette obligation entre en vigueur ce lundi 3 août, et découle d’une règle publiée par l’administration de Donald Trump, qui transforme en dispositif permanent le programme pilote lancé en août 2025.
Un mécanisme de garantie financière
Le Département d’État américain a publié la règle définitive vendredi dernier au Federal Register. Elle concerne les visas B-1 et B-2, délivrés pour des séjours professionnels ou touristiques de courte durée. Selon le texte officiel, les agents consulaires responsables des demandeurs de visa non-immigrant couverts peuvent exiger le dépôt d’une caution allant jusqu’à 20 000 dollars comme condition de délivrance du visa.
Le montant n’est pas fixe : il varie entre 10 000, 15 000 et 20 000 dollars selon l’appréciation de l’agent consulaire lors de l’entretien. Cette évaluation prend en compte le motif du voyage, la situation professionnelle, les revenus et les liens du candidat avec son pays d’origine. La somme est intégralement restituée, sans intérêt, une fois le départ du voyageur confirmé dans les délais impartis. Un manquement aux conditions du visa entraîne en revanche sa confiscation. Le seuil maximal sera par ailleurs révisé tous les sept ans pour tenir compte de l’inflation, à partir du 1er octobre 2027.
Trente nations africaines, vingt autres à travers le monde
La liste africaine inclut l’Algérie, la Tunisie, le Bénin, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Sénégal, le Togo et São Tomé-et-Príncipe. S’y ajoutent l’Angola, le Burundi, la Centrafrique, Djibouti, le Gabon, l’Éthiopie, la Tanzanie, l’Ouganda, le Botswana, le Lesotho, le Malawi, Maurice, le Mozambique, la Namibie, les Seychelles, la Zambie, le Zimbabwe et le Nigeria, déjà soumis par ailleurs à des restrictions partielles sur d’autres catégories de visas.
Une vingtaine de pays extra-africains figurent également sur la liste des cinquante nations concernées, parmi lesquels le Cambodge, le Népal, le Nicaragua, Cuba, le Venezuela, la Mongolie ou encore la Géorgie, intégrés lors des vagues d’extension successives du programme depuis 2025.
L’administration justifie cette mesure par le décret présidentiel intitulé Protecting the American People Against Invasion, qui charge les départements du Trésor, d’État et de la Sécurité intérieure de renforcer l’encadrement des cautions migratoires.
Une chute spectaculaire des demandes
Le gouvernement américain évalue à environ 18 000 dollars le coût d’arrestation et d’expulsion d’un ressortissant en situation irrégulière, un montant qu’il met en parallèle avec celui de la caution. D’après les chiffres avancés par les autorités, les dépassements de séjour parmi les nationalités concernées seraient passés de 45 500 cas recensés en 2024 à moins de cinquante après l’instauration du dispositif pilote.
Cette baisse s’accompagne toutefois d’un effondrement du nombre de visas délivrés : les demandes émanant des pays inscrits sur la liste auraient chuté de 83 % durant la phase test. Le dispositif devait initialement toucher environ 2 000 candidats par an ; il en a finalement concerné près de 20 000 sur la première année d’application.
Des organisations de défense des droits humains dénoncent une barrière financière disproportionnée, susceptible de limiter l’accès au territoire américain pour des voyageurs pourtant en règle, pour des motifs professionnels, familiaux ou éducatifs.

Trump vous dit tout simplement :
Merde! je n’ai besoin de vous.