Iran : Pezeshkian dément les rumeurs de démission et jure fidélité au Guide suprême

Masoud Pezeshkian a démenti mardi toute intention de quitter la présidence de l’Iran, alors que des rumeurs sur une démission imminente circulaient depuis plusieurs jours dans les cercles politiques du pays. « Je ne démissionnerai pas et je resterai ferme sur ma position », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée diffusée par les médias d’État.

Une mise au point télévisée

Le chef de l’État a choisi un discours retransmis à l’occasion du deuxième anniversaire de son mandat pour couper court aux spéculations. Il a précisé qu’une décision de quitter ses fonctions ferait l’objet d’une annonce publique, écartant l’hypothèse d’un départ discret. Le président a également balayé les allégations d’une rupture avec le Guide suprême Mojtaba Khamenei et l’appareil militaire, assurant que son gouvernement agissait en pleine harmonie avec les forces armées.

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Selon lui, ces rumeurs viseraient à « créer la discorde » en laissant croire à des positions divergentes entre la présidence et l’autorité religieuse suprême. Il a ajouté que l’armée se rangerait aux côtés du Guide en cas de désaccord, affirmant ainsi sa loyauté institutionnelle plutôt qu’une rivalité de pouvoir.

Des accusations venues d’un proche du Guide suprême

Les rumeurs de démission trouvent leur origine dans les propos d’un religieux influent, Mohammad-Bagher Kharrazi, dont la sœur est mariée au frère de Mojtaba Khamenei. Ce dernier avait affirmé que le président aurait menacé de démissionner à vingt-huit reprises, avant de renoncer après avoir été averti qu’une prochaine démission serait cette fois acceptée. Il avait également évoqué un remaniement à venir au sein du Conseil suprême de sécurité nationale.

Ces allégations font suite à une information selon laquelle Pezeshkian aurait transmis une lettre de démission à la fin du mois de mai, dans laquelle il se serait plaint d’être marginalisé dans les décisions stratégiques concernant la sécurité nationale et la politique étrangère, au profit des factions militaires et conservatrices. La présidence iranienne avait alors démenti ces informations.

Un climat de tensions internes

Cet épisode survient dans un cadre de fragilisation du pouvoir exécutif iranien, marqué depuis plusieurs mois par un conflit ouvert avec les États-Unis et Israël, déclenché en février dernier. Élu en juillet 2024 avec 53,7 % des voix face au candidat ultraconservateur Saeed Jalili, Pezeshkian s’était positionné comme un réformateur modéré, prônant une ouverture au dialogue avec l’Occident tout en réaffirmant sa loyauté envers le Guide suprême.

Ancien chirurgien cardiaque et ministre de la Santé sous la présidence de Mohammad Khatami, il avait accédé au pouvoir après le décès du président Ebrahim Raisi dans un accident d’hélicoptère en mai 2024. Depuis son investiture, son gouvernement fait face à une économie fragilisée par les sanctions internationales et à une pression croissante des factions les plus conservatrices du régime, qui contestent régulièrement les marges de manœuvre laissées à l’exécutif.

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