Un mystérieux sous-marin chinois sans kiosque repéré par satellite à Shanghai

Des images satellites prises les 31 mai et 1er juin 2026 ont révélé un sous-marin d’un modèle inédit au chantier naval de Jiangnan, à Shanghai. Selon le chercheur H.I. Sutton et le média spécialisé Naval News, ce bâtiment intrigue par sa conception inhabituelle, notamment l’absence de kiosque, cette structure généralement située au-dessus de la coque et servant à abriter le périscope, le schnorchel et les équipements de communication.

La Chine modernise sa marine à un rythme soutenu depuis plusieurs années. La marine chinoise — PLAN — a mis en service trois porte-avions, développé des destroyers de type 055 figurant parmi les plus puissants au monde, et conduit en juin 2025 ses premières manœuvres simultanées à deux groupes aéronavals dans le Pacifique occidental. Dans le domaine sous-marin, Pékin investit massivement dans de nouvelles classes de bâtiments nucléaires et dans des technologies de propulsion anaérobie, avec l’ambition affichée de disposer, d’ici 2049, d’une marine au moins équivalente à celle des États-Unis. Ce nouveau bâtiment montre une étape supplémentaire dans cette dynamique.

Un design pensé pour la discrétion et les grands fonds

Le submersible mesure environ 120 mètres de long et 10 à 11 mètres de large. Sa forme est plus élancée que celle des sous-marins d’attaque chinois récemment repérés, et il est doté d’un gouvernail en X. L’absence de kiosque permettrait d’améliorer ses performances hydrodynamiques : elle favoriserait la manœuvrabilité, augmenterait la vitesse et réduirait le bruit émis, rendant le navire plus difficile à détecter.

Cependant, cette conception comporte aussi des limites. Sans kiosque, les manœuvres en surface deviennent plus délicates et une navigation à travers la banquise serait impossible. Les experts pensent donc que ce sous-marin serait principalement conçu pour des missions en eaux profondes.

Propulsion et classification : les différentes hypothèses

Sur le plan de la classification, il ne s’agirait pas d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE). Selon le chercheur, un tel bâtiment nécessiterait une coque plus large afin de pouvoir embarquer les missiles balistiques mer-sol JL-3 actuellement utilisés par la marine chinoise.

En ce qui concerne la propulsion, les experts avancent deux hypothèses. La première serait celle d’un réacteur nucléaire conventionnel. La seconde évoque un système anaérobie (AIP) associé à un réacteur nucléaire de faible puissance, une technologie que la Chine développe activement et qui, contrairement aux systèmes Stirling ou aux piles à combustible, pourrait offrir une autonomie en plongée presque illimitée.

Par ailleurs, un autre sous-marin présentant des caractéristiques similaires aurait été observé en parallèle au chantier naval de Huludao, en mer de Bohai, un site spécialisé dans la construction de sous-marins nucléaires. Si cette information est confirmée, elle pourrait indiquer le début d’une production en série. À ce jour, les autorités chinoises n’ont communiqué aucune information officielle concernant ce programme.

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