Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe a réaffirmé à Moscou son engagement en faveur des États africains, dans un contexte de recomposition des alliances sur le continent. Devant plusieurs partenaires, le ministre russe des Affaires étrangères a assuré que la Russie maintiendrait son appui au renforcement de la souveraineté africaine et au contrôle des ressources naturelles par les pays eux-mêmes.
Le chef de la diplomatie russe a également rappelé le rôle historique de l’Union soviétique dans les luttes d’indépendance africaines, en insistant sur une coopération présentée comme « désintéressée ». « La Russie continuera de soutenir les pays africains dans le renforcement de leur souveraineté et leur droit à gérer librement leurs ressources naturelles », a déclaré Sergueï Lavrov.
Une relation politique renforcée depuis la dernière décennie
Les échanges entre la Russie et une large partie des États africains ont connu une intensification progressive depuis les années 2010, avec une accélération notable après 2022. Moscou a multiplié les visites diplomatiques, les accords bilatéraux et les forums de coopération, notamment à travers les sommets Russie–Afrique organisés en 2019 à Sotchi puis en 2023 à Saint-Pétersbourg.
Cette dynamique repose sur une rhétorique constante de soutien à la souveraineté des États africains et de rejet des influences extérieures jugées contraignantes. Dans ce cadre, plusieurs gouvernements africains ont engagé un rapprochement politique avec Moscou, en particulier au Sahel et en Afrique centrale. Les autorités russes présentent cette évolution comme une alternative aux partenariats traditionnels dominés par les puissances occidentales, tout en mettant en avant la continuité historique entre la période soviétique et la politique actuelle.
Coopération sécuritaire et divergences entre États africains
Le partenariat entre la Russie et plusieurs pays africains s’est particulièrement développé dans le domaine sécuritaire. Des accords militaires ont été conclus avec certains États confrontés à des défis sécuritaires, notamment dans la région sahélienne. Dans ces pays, la coopération inclut la fourniture d’équipements militaires, la formation de forces de défense et des appuis opérationnels.
Sur le plan économique, les échanges restent limités par rapport à d’autres puissances actives sur le continent, notamment la Chine et l’Union européenne. La Russie cherche néanmoins à renforcer ses positions dans les secteurs de l’énergie, des mines et de l’agriculture, notamment à travers les exportations de céréales et d’engrais.
Vers un agenda diplomatique élargi Russie–Afrique
Les prochaines étapes de la coopération Russie–Afrique devraient s’inscrire dans la continuité des engagements pris lors du sommet de Saint-Pétersbourg en 2023, où plusieurs accords de partenariat avaient été annoncés dans les domaines économique, sécuritaire et éducatif.
Aucune nouvelle rencontre de haut niveau n’a encore été officiellement confirmée à ce stade, mais plusieurs canaux diplomatiques restent actifs entre Moscou et différents gouvernements africains, laissant entrevoir la poursuite des échanges dans les mois à venir.
